‹ Bossuet orateurChapitre 100 sur 192 · Laret, lettre âa 24 mars · texte numérisé non relu

Laret, lettre âa 24 mars

tournée de ce côté, du jour où il prêcha dans la capitale. Son style devint plus étudié, plus égal; il donna plus de soin au nombre, à la symétrie et à la plénitude des périodes, à la noblesse soutenue de la diction. C'était, au lendemain de la Fronde, la tendance générale des écrivains, dans tous les genres élevés de la poésie et de Féloquence ; elle devait entraîner d'abord sans résistance ce beau génie oratoire, naturellement porté aux magnificences de l'expression comme au sublime delà pensée.

Jusqu'où devait-il se laisser conduire ? Dans cette voie nouvelle,, il y avait pour lui, comme pour la plupart de ses contemporains et pour la littérature française en général, un excès à craindre : c'était de pousser trop loin la délicatesse, d'appauvrir la langue, de l'énerver, en se piquant trop de l'épurer et de l'ennoblir ; c'était de trouver la simplicité trop nue et vulgaire, de rejeter avec la familiarité le naturel, et de rencontrer, sur ces hauteurs où l'on affectait de se maintenir, les nuages, le vide, la monotonie dans le grandiose. On inclinait à l'emphase, comme au temps de Voiture on était tombé dans le précieux, et autour de Scarron dans le burlesque. Heureusement pour les destinées de notre langue et comme à point nommé pour Bossuet, cette juste mesure que Ton cherchait ontre la trivialité et l'affectation fut marquée par l'éclatant succès des Prociin laies.

Pascal ne saurait être comparé, comme écrivain,

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