‹ Bossuet orateurChapitre 101 sur 192 · PUBLICATION DES PROVINCIALES · texte numérisé non relu

PUBLICATION DES PROVINCIALES

à personne. C'est d'abord un écrivain très ingénu : il paraît s'ignorer lui-même, et prendre souci de l'art aussi peu que de la gloire ; s'il rompt le sflence, c'est qu'en un jour de péril, ceux qu'il croit institués do Dieu pour la défense de la vérité l'assurent que la vérité persécutée a besoin qu'il parle pour elle ; et il accepte par obéissance un rôle auquel il n'estimait pas s'être jamais préparé. Dès la première Ici Ire, l'attention publique est éveillée ; on sent que cet inconnu auquel Port-Royal confie sa cause est un maître dans l'art d'écrire ; et non seulement il y excelle d'inspiration, par la seule force de son génie, mais il en possède tous les secrets,, il peut en rendre compte, il en expliquerait les principes aussi bien qu'il en a donné le modèle.

Pascal commence par rompre avec la rhétorique à la mode, il en rejette les fausses règles : celles qui défendaient de répéter dans une phrase un mot nécessaire ; celles qui voulaient qu'on y mît des antithèses inutiles , comme de fausses fenêtres , pour la symétrie; celles qui, par horreur du mot propre, accoutumaient à masquer la nature, à faire grand ce qui esl petit, ou petit ce qui est grand. Il n'hésite pas .1 blâmer, même dans Cicéron, les f'n/ssrs/>r,//(f(:$ que le plus grand nombre admire ; il ne veul ni de cette éloquence de convention , dont la vraie éloquence « se moque, » ni même de Y éloquence continue, parce qu'elle ennuie \

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