‹ Bossuet orateurChapitre 107 sur 192 · I Cor. y xv · texte numérisé non relu

I Cor. y xv

Mais je passe encore plus loin : pourrai-je bien dire ce que je pense ? Il voit que, par un secret merveilleux, elle se détache d'autant plus du corps, qu'elle a plus de peine à s'en détacher; et que, dans l'effort qu'elle t'ait pour s'en séparer tout entière, elle le fait d'autant plus qu'elle s'y sent plus longtemps et plus violemment retenue.

C'est pourquoi si la violence de ses désirs ne peut rompre les liens du corps, ils en éteignent tous les sentiments, ils en mortifient tous les appétits ; elle ne vit plus pour la chair, et enfin elle devient tous les jours et plus libre et plus dégagée par cette perpétuelle agitation, comme un oiseau qui, battant des ailes, secoue l'humidité qui les rend pesantes ou dissipe le froid qui les engourdit, si bien que, portée par ces saints désir p. elle paraît détachée du corps pour vivre et converse*' avec les anges : nostra conversatio in cœlis est l f

Il serait difficile de trouver chez les mystiques euxmêmes une peinture plus vive et plus vraie de cette « divine maladie d'amour » dont sainte Thérèse fui tourmentée. Bossuet égale les plus éloquents d'entre , eux par l'ardeur de ses transports, parla tendresse et les saillies impétueuses de son langage, comme par l'élévation de ses pensées. Il ne cesse de les suivre que là où commence pour eux l'éblouissement du vertige et le délire de la raison. Admirable esprit. qui toujours s'élève sans jamais se perdre dans la nue, que l'inspiration emporte sans qu'il eesse delà maîtriser, et dont l'essor vers le sublime se règle par

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