DOM DÉFORIS ET L'ABBÉ MAURY. XVII
d'une étendue raisonnable, divisé en trois parties : en tête, un certain nombre de discours complets, ceux t où l'on reconnaît Bossuet d'un bout à l'autre » ; puis un choix de fragments : ici le point le plus remarquable d'un sermon, où l'inspiration a langui; là , un exorde seulement ou une péroraison; enfin, sous le titre de Réflexions morales, une suite des « belles pensées » ou des « traits heureux » qui se rencontrent par aventure même dans des ébauches trop imparfaites pour ajouter quelque chose « à la gloire d'un si grand orateur l ».
Mais Maury se serait-il contenté de porter les ciseaux dans les manuscrits de Bossuet et d'y faire, aux termes de son programme, les suppressions nécessaire-, sans rien ajouter, sans changer un mot? Je lis. çà et là, dans son discours et dans ses notes, plus d'un passage qui donne à réfléchir : tantôt, parlant des esquisses où Bossuet a laissé l'empreinte de son génie, il ajoute qu'il u serait aisé de les finir et d'en composer des sermons admirables » : comment aurait-il résisté lui même à la tentation ? Il devait lui paraître plus facile encore de mener à la perfection des discours achevés que déparent seulement quelques fautes de goût. Par respect pour la langue, il aurait effacé les tours incorrects, les impropriétés d'expression; par égard pour Bossuet, il aurait dissimulé « ses chutes, » corrigé ses négligences, et suppléé ainsi, en toute sécurité de conscience, à ce que Bossuet aurait fait très certainement s'il eût pui>lt<: luiméme ses sermons. C'est ainsi que le chevalier Perrin, si dévoué à la mémoire de Mme de Sévigné, s'était la entraîner à multiplier, surtout dans la seconde édition des Lettres, les coupures et les corrections.
1. Note ajoutée au Dhcouj $ sur les sermons de Bossuet clans l'éditiou de 1^10,