PANÉGYRIQUE DES ANGES GARDIENS
avec les tristes imitateurs qu'il avail eus dans notre pays, et lui reprocher, comme à eux, d'avoir entrepris une œuvre aussi profane que peu sensée en eherchànl à égayer par des ornements poétiques les mystères de la foi chrétienne '.
Les mystères du christianisme sont-ils aussi terribles qu'il les a faits ? Et la poésie n'y peut-elle vraiment toucher, sans en profaner le caractère ? A défaut de Dante et de Mil ton, Bossuet, le plus exact des théologiens, aurait d'abord averti Boileau de L'excès de ses scrupules, en lui faisant voir qu'on peut, même dans la chaire, ouvrir le ciel et remplir l'immensité de J'espace du mouvement éternel des esprits invisibles. BossUet n'est point exposé à s'écarter de la rigueur du dogme; sans inventer rien qui ressemble à une fiction, il lui a suffi d'animer et de passionner le commentaire du texte de l'Ecriture , tel qu'il l'emprunte, selon sa coutume, à la tradition des Pères, pour indiquer Je véritable caractère de ce merveilleux que les poètes avaient discrédité, tantôt par l'indigence de l'expression , tantôt par le mélange indiscret des croyances de l'Église avec les souvenirs de la Fable mi des inventions romanesques.
Dira-t-on que ce merveilleux, sujet à de plus grandes difficultés, offre moins de ressources que les fables chantées par les poètes de la Grèce? Il est certain que Dieu et smi Fils et leurs envoyés res-