‹ Bossuet orateurChapitre 132 sur 192 · DÉFAITS DE JEUNESSE · texte numérisé non relu

DÉFAITS DE JEUNESSE

davantage pour exprimer un»* même idée. Jamais il n'avait accumulé à ce point les mots, ni prodigué les images; tous les métiers et toutes les sciences lui fournissent, aussi bien que la nature, des comparaisons. Il en est, dans le nombre, qui paraissent tirées de loin, ou hardies et d'un goûl douteux1 : alors même qu'elles sont justes et naturelles, on regrette qu'il les ait semées avec cette profusion-, ou qu'il y insiste trop longtemps3. D'ailleurs, cette recherche et ce luxe font disparate, en maint endroit, avec des formes de langage déjà proscrites èl qui méritent rarement d'être regrettées : les unes, parce qu'elles se sentaient trop de leur origine la- Une et pédantesque ; les autres, parce qu'elles étaient, je ne dirai pas trop populaires, mais véritablement triviales. Tels sont les défauts sensibles qui donnent au Carême des Minimes, même lorsqu'on le relit à son rang, dans l'ordre des dates, quelque chose de suranné et de juvénile.

Ce nouveau et dernier retour de Bossuet vers Les défauts de sa jeunesse se trouverait expliqué en partic, de la façon la plus naturelle, par une circonstance que j'ai déjà indiquée et qui me parait de

1. Voyez dans le sermon pour le troisième dimanche, 2e point. îa comparaison des- chrétiens avec les poissons, tirée de Tertullkn. — Quatrième dimanche, 2e point, celle de la convoitise toujours irritée avec les moyens que les ivrognes emploient pour exciter la soif.— 2. Même Bermon : a ("est un père qui châtie - -.un

capitaine qui exerce ses soldats, un - an qui ménage les

de Bon malade, b — .';. La comparaison d risi avec

un ambassadeur, un résident, remplit le sermon pour la Quasimodo.

plus en plus vraisembable. C'est que Bossuet, en préparant son Carême de J660, avait sous les yeux un Carême écrit à Metz, quatre ou cinq années auparavant. ?sous avons, sur ce point, quelque chose de plus qu'une conjecture pour le sermon sur les Démons, pour celui du jour de Pâques ', et aussi pour le Panégyrique de saint François de Paule. Il nous est resté de ces trois discours une rédaction plus ancienne qui a servi de point de départ au nouveau travail de Bossuet, et j'incline à croire que, si nous n'as'ons pas de même une grande partie des sermons intermédiaires, cela tient précisément à ce qu^ Bossuet n'a plus jugé utile de conserver des ébauches où il avait repris tout ce qu'on y pouvait reprendre.

Or, c'est le lieu d'étendre à tous les sermons de Bossuet une observation que j'ai dû faire- à prop*os des sermons composés pour la fête du Bosaire et les autres fêtes de la Sainte Vierge. 11 est certain que les discours qu'il refait en ayant sous les yeux une rédaction antérieure, et particulièrement lorsqu'il traite pour la seconde ou la troisième fois un sujet consacré par la tradition, paraissent plus anciens que d'autres discours écrits sur le même papier, et, pour ainsi dire, de la même encre^ mais où Bossuet,

1. Notre observation subsisterait, alors même que le premier sermon

pour le jour de Pâques, prêché à Metz, n'appartiendrait, pas plus

'entier Panégyrique de saint François de Paule, à la

station dont le premier sermon sur les Unions faisait partie. —

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