Bxoide. Mb., t. XIII, f
SERMON SUR l'hONNEUR DU MONDE. 315
Doctrine de l'Évangile, que tu es sévère ! Quoi f il faut, au milieu des louanges, étouffer cette complaisance secrète qui flatte le cœur si doucement ! Défendez-nous, 6 Seigneur, de rechercher cet encens ; mais comment le refuser quand on nous le donne? — «Non, dit-il, ne recevez pas la gloire des hommes. » — « Mais puis-je m'empêcher de la recevoir ? Puis-je contraindre la langue de ceux qui veulent parler en ma faveur ?» — Laissons-les discourir à leur fantaisie; mais disons toujours avec Jésus-Christ : Claritatem nonaccipio. Non, non, je ne reçois pas la gloire des hommes, c'est-à-dire, je ne la reçois pas en payement , je ne me repais pas de cette fumée1.
Un chef d'accusation plus grave, c'est que l'honneiir du monde donne au vice un crédit qu'il ne saurait avoir par lui-même. Si le vice se laissait voir tel qu'il est, la nature humaine, toute faible et dépravée qu'elle puisse être, n'aurait pour lui que de l'horreur . Mais l'honneur, qui était fait pour servir la vertu, et qui « sait de quelle sorte elle s'habille, » lui dérobe « quelques-uns de ses ornements » pour les faire servir à déguiser le vice et à l'établir parmi les hommes. Il y a ainsi deux vertus : d'abord, la vertu chrétienne, « sévère, constante, inflexible, toujours attachée à ses règles et incapable de s'en détourner pour quoi que ce soit; » le monde <r l'honore eu passant, mais elle n'est pas assez souple pour être propre aux grauds emplois; d'ailleurs, elle aime la