BOSSUET ET S. JEAN CHRYSOSTOME
de Bossuet. Il ne faut, pour l'écouter, sans en rien perdre d'un boni à L'antre, ni une pénétration
extraordinaire, ni un grand effort d'attention; à peine \ retrouve-t-qn, par intervalles, les aridités et les profondeurs, réelles ou apparentes, de la scolastique; la pensée est accessible, la forme vivante et familière, comme dans les homélies dont Bossuet se plaît à invoquer le souvenir. Il n'est que juste, et Bossuet lui-même en avertit, de faire honneur de ce progrès, pour une part, à l'influence de saint Jean Chrysostome.
Nous avons vu Bossuet, dès les premiers temps de son séjour à Metz, vivre dans une étroite familiarité avec les Pères de l'Eglise *. Mais c'étaienl d'abord, ainsi qu'il est naturel, les Pérès de l'Église latine, <•!. avant tous les autres, Tertullien, saint Augustin. Il citait déjà les Pères grecs, mais plus rarement, avec précaution, et souvent, je le crois, de seconde main. Peu à peu, et surtout depuis que Bossuet est revenu ;i Paris, depuis qu'il vit dans ce doyenné de Saint-Thomas du Louvre, où il a trouvé à la fois des loisirs et l'émulation -, les saint Basile, les saint ( Grégoire de Nazianze, les saint Chrysostome lui sont devenus pins familiers; il a lu, pour son propre compte, leurs principaux ouvrages; il a quelquefois essayé de remonter de la version latine au texte ori-
1. Voyez le troisième chapitre du livre I. — 2. Parmi les commensaux de Bossuet au doyenné, je remarque la pi l'abbé Tallemantj un des rares hellénistes de l'Académie française.
ginal, et, bien que nous soyons encore assez loin du temps où il méritera ce nom de Père grec qui lui fut donné à Saint-Germain par ses familiers, il commence à bien connaître la tradition des deui Eglises.
Précisément, dans le sermon sur l'Honneur du monde, il nomme à plusieurs reprises saint Jean Chrysostome; il est bien aise d'avoir pour témoin, dans le procès qu'il intente, et de faire parler à sa place « un si véhément accusateur ; » il donne les propres termes de « ce grand évêque ; » et il est assez versé dans la lecture de ses Homélies pour qu'il s'offre en temps utile à sa pensée des passages de quatre homélies très éloignées Tune de l'autre dans un recueil qui est immense. Tien citait d'autres quelques jours auparavant dans les sermons sur la Charité fraternelle, sur les Démons, sur les Vaincs excuses des pécheurs, sur la Compassion de la Sainte Vierge : il se souviendra du Traité sur la Componction dans son Panégyrique de saint François de Paule.
Ces emprunts sont en général considérai de s. C'est, d'abord, la paraphrase de ce conseil de saint Paul : « Que le soleil ne se couche pas sur votre
La nuit est le temps du repos, elle est destinée pour le sommeil. Saint Paul ne peut pas comprendre qu'un chrétien, enfant de paix et de charité , puisse faire un