XX INTRODUCTION
On les a blâmés de rétablir les textes authentiques, toutes les fois que Bossuet, par mégarde, ne les a pas cités avec une entière exactitude ! ; Bossuet n'aurait certainement pas souscrit à ce reproche. On les blâme aussi de les traduire quand Bossuet ne l'a pas fait; c'était pourtant remplir son intention et suppléer à la précipitation de son travail; il fallait observer que très souvent ils ont emprunté à Bossuet lui-même une traduction qu'il a donnée dans quelque autre endroit 2; lorsqu'ils l'ont prise ailleurs, il suffisait d'en avertir, en l'imprimant entre des crochets.
C'est ce qu'ils ont fait en général, lorsqu'ils prennent sur eux d'ajouter un mot pour compléter une phrase, une ou plusieurs phrases pour expliquer et mettre en lumière l'idée que l'orateur n'a fait qu'indiquer d'une façon sommaire. On sent qu'ils se piquaient de donner un texte intelligible pour tout le monde. Quand la glose est courte, elle est ordinairement judicieuse ; dès qu'elle s'allonge, on doit craindre qu'elle ne tourne au contresens. Il est clair que là où Bossuet esquisse en quelques mots la marche de ses idées, nul ne peut se substituer à lui pour achever le discours ; et rien n'est moins propre à remplir son intention, que d'ajouter un simple com-
1. Lâchât, Les Sermons, Remarques historiques, t. VIII, p. xxxix. — 2. M. Lâchât commet une double injustice lorsqu'il avance (Ibid., p. xlvi) que les traductions de la Bible et des Évangiles que M. Wallon a tirées de Bossuet sortent presque toutes de la plume de Déforis. Accoutumé depuis longtemps à remonter aux sources, le savant historien n'aurait eu garde de négliger les manuscrits de Bossuet. Sur ce point, je rendrai témoignage à mon ancien maître, d'autant plus volontiers que j'ai dû à son obligeance la communication des notes fort utiles qu'il avait prises sur les manuscrits du . inaire de Meaux, comme sur ceux de la Bibliothèque impériale.