REPROCHES ADRESSÉS A DOM DÉFORIS. XXI
pfément grammatical à une phrase inachevée ou elliptique, jetée sur le papier pour y tenir la place, non pas seulement d'une phrase complète, mais de tout un développement oratoire. Au surplus, on en est quitte pour passer à la lecture ces additions indiscrètes : les crochets sont là presque toujours * pour prévenir toute méprise, et pour prouver du moins que l'éditeur n'a jamais prétendu mêler sa prose à celle de Bossuet.
Je touche à un dernier grief, sur lequel il faut, en toute simplicité, passer condamnation : ici Déforis a manqué de fidélité de la manière la plus compromettante pour son jugement et pour son goût; et c'est encore, si Ton veut essayer délire au fond de sa pensée, par un respect mal entendu pour la mémoire de Bossuet.
On sait que l'évêque de Meaux blâmait la méthode de cc> prédicateurs qui vont de ville en ville, récitant partout le même Avent, le même Carême, et que, pour sa part, il déclarait n'avoir jamais répété deux fois de point en point la même suite de discours 2. Ce n'est pas à dire qu'il s'interdit de traiter à plusieurs reprises un de ces sujets auxquels il faut revenir sans cesse dansla chaire chrétienne, ou qu'il se lit, en pareil cas, le moindre scrupule de suivre le plan qu'il avait déjà suivi, ni de se servir des mêmes termes pour exprimer les mêmes idées. De là, un certain nombre de passages, de points de sermons, et même des sermons entiers, où Bossuet se répète. N'y eût-il dans ces retours de l'orateur sur luimême que de très légères différences, il est si curieux de
1. Il y a des exceptions, même dans l'édition originale, mais si peu nombreuses qu'on peut les croire involontaires. Ce n'est pas la faute de Déforis, si les éditeurs qui ont reproduit son texte ont ob- Bervé avec peu de soin la règle qu'il s'était imposée à cet égard. — 2. Ledieu, Méin., p. 111.