SERMONS PRÊCHES PENDANT CETTE STATION
discours servit à Bossuet l'année suivante , pour composer le premier sermon qu'il ait prêché au Louvre en présence de Louis XI V ! ; il a pu être détruit à ce moment. Le premier dimanche, Bossuet prêcha sur la Pénitence-, et le second dimanche, su? la Parole de Dieu \ Ces deux sermons sont très connus ; mais l'abbé Vaillant l et M. Floquet 5, sous toutes réserves, puis M. Lâchât, d'un ton plus décisif6, croient qu'ils appartiennent à un Carême prêché deux ans plus tard aux Bénédictines du Valde-Grâce.
On a beaucoup parlé de ce Carême, sur la foi de l'abbé Ledieu, et quelquefois sans tenir assez de compte de la forme dubitative que le secrétaire de l'ëvêque de Afeaux avait pourtant donnée à son assertion 7. Toute conjecture à ce sujet tombe devant le témoignage explicite et décisif de la Liste des Prédicateurs, J'y trouve,, en effet, les noms de tous ceux qui ont prêché le Carême au Val-de-Grâce : Bossuet n'y figure ni pour 1663 *, ni pour aucune
1. Floquet, t. II, p. 123. — 2. Quatrième sermon pour lepremiei dimanche de Carême. — 3. Deuxième sermon pour le deuxième dimanche. — 4. P. 103-104. — 5. T. I, p. 242-244. — 6. T. IX, : 113. Voyez aussi p. 398. — 7. Voici les propres termes dont il s'est servi (Mém., p. 92) : «Notre abbé prêcha aussi un Carême, je crois, en 1GG3, au Val-de-Grâce, cette chère retraite de la reine, où elle l'entendait souvent, le regardant comme son prédicateur ordinaire.» Peut-être Bossuet a-t-il fait au Val-de-Grâce, en cette année même, et devant la reine mère, une suite de conférences particulières. — 8. Le Carême de 16G3 fut prêché <r à l'abbaye royale des Bém tines du Val -de-tî race » par «le R. P. de la Noiie-Bouet, chanoine gréulier de Saint-Victor. & « Monsieur l'abbé Bossuet • ne prêcha
aatre année, et il en résulte, d'une façon générale, que les éditeurs ont pris jusqu'à présent une peine inutile pour partager entre les deux célèbres couvents du faubourg Saint-Jacques les sermons de Carême où Bossuet s'adresse à des religieuses ; d'ailleurs, l'étude des manuscrits achève de montrer jusqu'à l'évidence que tous ces sermons, écrits après le Carême des Minimes, avant le Carême du Louvre, appartiennent à l'année 1661 et à la chapelle des Carmélites.
Nous n'avons pas de sermon pour le troisième dimanche : peut-être Bossuet n'en a-t-il point composé. J'observerai, du moins, que, cette année-là, le troisième dimanche tombait le 20 mars. Or, la veille, Bossuet avait prononcé le Panégyrique de saint Joseph dans des circonstances particulièrement solennelles, et en présence de la reine mère l. Ce Panégyrique, prononcé le samedi, et le sermon sur l'Annonciation , prêché le vendredi suivant (25 mars), ont bien pu tenir lieu du discours qui nous fait défaut.
durant cette station, que deux sermons isolés : le troisième vendredi, aux Filles-Nouvelles- Catholiques, et le quatrième samedi aux Nouveaux Convertis à la foy, rue de Seine, près Saint-Victor. » {Liste des Prédicateurs, p. 7 et 12.)
1. Gazette de France, du 26 mars 1661. Floquet, t. IL, p. 132-135. M. Floquet, relevant une confusion qui s'était glissée dans les souvenirs de l'abbé Ledieu, a très nettement établi la date des deuj Panégyriques de saint Joseph. Le premier (le Depositum custodt) a été prêché aussi devant la reine mère et aux Carmélites, en 16ô7. C'est le second (le Quœsivit sibi Ifeus) qui a été prêché aux Car mélites pendant le Carême de 1661.