‹ Bossuet orateurChapitre 16 sur 192 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

voir Bossuet juger son propre ouvrage, et. tout en l'approuvant clans son ensemble, le modifier dans les détails, que les éditeurs nouveaux n'hésitent pas à donner les rédactions successives d'un sermon que le lecteur, après tout, peut bien relire.

Déforis aurait fait ainsi, je n'en doute pas, s'il avait cru pouvoir le faire ; mais, si opiniâtre qu'on nous le peigne, il fallait bien accorder quelque chose à l'impatience des lecteurs, aux exigences du libraire, et Déforis dut se résigner à supprimer quelques-uns des textes qui faisaient double emploi de la manière la plus sensible. Le sacrifice était très grand pour lui ; il n'eut le courage ni de s'y refuser, ni de l'accomplir franchement jusqu'au bout. Delà, une idée malencontreuse : celle de sauver en partie les variantes sacrifiées, en y recueillant, çà et là, des traits épars pour les faire entrer dans le texte qu'il conservait 4. Il se donnait une peine infinie pour coudre ensemble ces lambeaux empruntés à des rédactions différentes. En s'efforçant de ne rien perdre, il s'exposait à tout gâter, mettant, avec une maladresse singulière, sur le compte de Bossuet, un défaut de liaison, des dispa-

1. On trouve, au tome IV, p. 343, une note reproduite par l'édition de Versailles, t. XI, p. 296, qui suffit pour expliquer, sur ce point, l'intention de Déforis et le vice de sa méthode : <( Nous avons, dit-il, dans les manuscrits... deux sermons pour le jour de Noël, dont l'un (qui est le dernier)... répète en beaucoup d'endroits des morceaux entiers du premier, et n'est, au fond, que le même sermon. Pour éviter donc les répétitions, nous avons pris de ce second sermon ce qu'il y avait de neuf et ce qui pouvait être regardé comme une révision, une extension de preuve?, et nous l'avons incorporé au premier sermon, lorsque cela a pu se faire sans rien gâter....» Il fallait être bien naïf, d'abord, pour préférer la première rédaction à la seconde, et puis pour s'imaginer qu'on pourrait, sans rien gâter, incorporer dans l'une des morceaux empruntés à l'autre.

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