SERMON SUS LES SOUFFRANCES
fortune J, ces lieux communs de la morale auxquels la nature même des choses donne tant de force, quand on sait les rajeunir, comme Bossuet, par la vérité du sentiment et de l'expression, n'ont fourni qu'une entrée en matière assez courte. Jamais Bossuet, dans aucun de ses Carêmes , n'a rompu d'une façon aussi brusque avec les errements de la sagesse commune, pour aller résolument, sans .létour, à ce qu'il appelle « l'âme même du mystère. »
Ce caractère particulier de la station des Carmélites est marqué très nettement dans les trois sermons de la semaine sainte. Tous ceux que Bossuet a composés pour le dimanche des Rameaux sont des rhrfs- d'oeuvre : on y sent comme un effort ingénu de l'orateur pour couronner son travail et se s : rpassor lui-même. Aux Minimes, il parlait de THanrtturdu monde ; au Louvre, îl traitera des Devoirs des /■ois; à Saint-Germain, de la Justice. Xobles sujets, qui comportent, même dans le développement de maximes austères, une certaine magnificence oratoire : aussi la parole de Bossuet ya-t-elle gardé natuîvllementquelquechose ou de la pompedu triomphe, ou des splendeurs de la royauté. D n'en sera pasainsi aux Carmélites; et le sermon des Rameaux, au lieu d'offrir on contraste avee le sermon du Vendredi saint, I»' prépare et lui ressemble a ce point qu'on croirait lire deux parties d'un même discours.
On vient de irriter l'Evangile de la Passion, l'en-