Premier sermon sur V Ambition
3o8 CARÊME DES CARMÉLITES.
trée de Jésus-Christ à Jérusalem, sitôt suivie de la trahison et du supplice. Bossuet n'attendra pas l'heure de l'agonie pour aller au pied de la croix apprendre tout l'ordre des secrets de Dieu, toute l'économie du salut des hommes..., « l'abrégé mystérieux de toute la doctrine de l'Évangile1; » il ne lui suffit pas cette fois de reprendre le récit de la Passion pour en développer la moralité avec plus de soin, dans un des plus longs discours qu'il ait écrits. Dès le jour des Rameaux, il a voulu suivre Jésus-Christ sur la voie douloureuse; tout d'abord il est monté sur le Calvaire pour y repaître ses yeux du spectacle de ces trois croix dressées en même temps, et où Jésus-Christ expire entre deux larrons. A cette vue son cœur déborde, et il prêche à des auditeurs qui doivent être émus comme lui, s'ils ont « quelque teinture » des principes qu'il leur enseigne, l'utilité, la nécessité des souffrances, c'est-à-dire de toutes les maximes de la piété chrétienne, la plus dure, la plus contraire aux sens, mais celle qu'il considère, à la lumière de la foi, comme le fondement même du christianisme 2.
Les trois agonies, dont il emprunte la peinture à l'Évangile, le conduisent à développer « toute la doctrine chrétienne des souffrances » : le bon larron,1 qui se convertit, et auquel Jésus-Christ annonce une
1. Exorde du deuxième sermon snr la Passion de N.-S. J.-C. — 2. Sur les Souffrances. Exorde.