SERMON POUB LE JOUR T)E PAQUES. 3Ô
dans La méditation chrétienne, fie hauteurs si ardues où leur pensée ne fut capable d'atteindre, point de secret si incompréhensible qui pût rebuter des âmes accoutumées à toutes les subtilités et à toutes les délicatesses du mysticisme.
Quelques années auparavant, Bossuet, prêchant à Metz, le jour de Pâques, sur le mystère de la Résurrection, se sentait presque accablé par la difficulté de sa tâche et lisait avec effroi dans les sentiments de ses auditeurs :
Les uns, tout charnels et grossiers, sitôt qu'ils entendent parler de nouvelle vie et de résurrection spirituelle, et de seconde naissance, demeurent presque interdits.... Les autres, plus délicats, reconnaissent que ces vérités sont fort excellentes; mais il leur semble que cette morale est trop raffinée , qu'il faut renvoyer ces subtilités dans les cloîtres, pour servir de matière aux méditations de ces personnes dont les âmes se sont plus épurées dans la solitude. « Pour nous (diront-ils), nous avons peine à goûter toute cette mystagogie1. »
Bossuet est facilement délivré de telles craintes dans € cette église des Vierges sacrées 2. » Pour exprimer ce que la théologie enseigne de plus élevé, de plus profond, il peut emprunter à la spiritualité la plus déliée ses distinctions et ses images; ce langage, inaccessible aux profanes, et qui leur paraît si étrange, est celui qui, dans I»» cloître, répond le
1. Troisième sermon pour le jour de Paquet. Mb., t. XIV, f. 7. —