Premier sermon pour le jour de Pâgvet, 2e point
mieux au tour des esprits et aux secrets désirs des cœurs.
Pour peindre le renouvellement d'une âme qui est morte avec Jésus-Christ et qui renaît avec lui, Bossuet s'empare tout d'abord d'une figure indiquée par saint Paul, reprise en passant par saint Augustin, d'où il tirera tout son discours. Il compare donc cette âme à un temple que l'on purifie, que l'on consacre et que l'on entretient avec soin pour qu'il redevienne et pour que désormais il reste digne des mvstères qu'on y célèbre. Créée dès l'origine pour être le temple de Dieu sur la terre, rappelée à sa vocation primitive par le baptême, consacrée encore une fois par Jésus-Christ, elle a pourtant consenti à servir de demeure aux idoles ; elle a donné ses désirs aux faux biens du monde et laissé remplacer par des noms profanes ce titre auguste gravé sur l'autel : Au Dieu vivant. Il faut ôter du temple « tous les vestiges de l'idolâtrie, » rendre à Dieu par un saint amour ses autels que l'amour profane avait prostitués. Pour la dédicace du sanctuaire purifié, la charité fera sortir du fond du cœur le cantique des louanges de Dieu ; elle associera la chair elle-même aux fonctions du sacerdoce et donnera pour gardiennes à l'autel, d'où la prière s'élève comme le parfum de l'encens, la crainte du mal, la pudeur, la tempérance, la modestie. Mais la nouveauté chrétienne n'est pas « l'ouvrage d'un jour; c'est le travail de toute la vie ; » car il y a toujours dans notre temple « quelque muraille qui s'entr'ouvre... quel-