‹ Bossuet orateurChapitre 170 sur 192 · SOMMAIRES ÉCRITS DE LA MAIN DE ROSSUET · texte numérisé non relu

SOMMAIRES ÉCRITS DE LA MAIN DE ROSSUET

12 septembre 1659. Il avait fallu quelque délai, sans doute, pour que le règlement du point en litige permît à Bossuet d'employer comme le premier papier venu, le reste des feuilles qu'il avait encore entre les mains. Or, si l'on en veut ju i par les caractères de l'écriture, qui sont presque aussi uniformes que le papier, les sommaires paraissent être, à quelques mois près, du même temps que la station des Carmélites. Et, en effet, je suis parvenu, après un examen très attentif, à reconnaître que de tous les sermons dont Bossuet a pris la peine d'écrire ainsi le résumé, le dernier dans l'ordre des dates est le sermon qu'il prêcha devant Louis XIV, le 2 février 1662 '. Le fait a, je le crois, son importance, et pourra faciliter dans l'avenir la tâche des éditeurs de Bossuet; en ce qui touche l'objet présent de nos études, il donne lieu à. quelques réflexions utiles.

Ainsi, c'est vers le moment où Bossuet fut désigné pour prêcher le Carême au Louvre qu'il au-

1. Je dois avertir qu'on trouvera dans l'édition de M. Lâchât, comme dans le recueil de la Bibliothèque impériale, quelques-uns de ces sommaires, placée en tête de sermons qui ont é1 plus tard. tris, par exemple, que le sermon sur le Jugement dernier (1666), OU les lemoni ntr l'Atnhition, sur la Bains de hi venté, dont la dernière rédaction appartient au Carême de Saint-Germain (1666). liais '-'est la suite d'une méprise facile «à reconnaître et à répares : le sommaire se rapporte à un sermon plus ancien, pri sur le même sujet, et que Bossuet avait enfermé sou< la même enveloppe. Quant aux BermoniMf lu Pénitence et rar la Punir de JHm, prêches, disait-on, en 16t>3, j'ai prouvé qu'ils appartenaient au me des Carmélites (1661).

rait senti le besoin de mesurer exactement ses forces et songé à passer en revue les sermons de sa jeunesse. Il est remarquable que la plupart des sommaires renvoient aux pages ; des indications rapides, presque toujours elliptiques, souvent obscures pour d'autres que pour l'auteur lui-même, devaient lui permettre de retrouver sur-le-champ les passages dont il pourrait lui être commode de faire usage une seconde fois. Bossuet ne méconnaît donc pas le prix do ces premiers essais, où il a soin de se ménager des ressources pour l'avenir; et déjà sur l'heure il notait, non seulement dans ses Carêmes des Minimes et des Carmélites, mais dans des discours composés à Metz ou à Navarre, plus d'une idée, plus d'un développement oratoire, plus d'un commentaire familier de l'Ecriture ou des Pères qui allait lui servir pour ses sermons du Louvre.

L'orateur se fit ainsi, sans aucun scrupule, des emprunts considérables; on ne voit pas qu'il ait été une seule fois tenté, soit par une langueur passagère de son esprit, soit par une complaisance secrète pour son propre ouvrage, de redire aucun de discours, tel qu'il l'avait déjà prononcé. Peutêtre a-t-il répété quelques parties du sermon sur TÀmbition, prêché l'année précédente aux Carmélites i; encore en a-t-il refait l'exorde et le second point2. Pour les autres, et alors même qu'il s'agit

] . Voyez la restitution des trois rédactions successives de ce discours dans mon édition de Vingt sermons de Bossuet. — 2. Ms., t. XII, f. 314, 326 et suiv.

des meilleurs et des plus parfaits, tels, par exemple, que le sermon sur la Parole de Dieu ou ce beau sermon sur la Purification de la Sainte Vierge dont les Carmélites rappelaient, quarante ans plus tard, le succès extraordinaire ', Bossuet n'hésite pas à composer sur les mêmes sujets des discours entièrement nouveaux.

Il s'imposait ainsi volontairement une grande tâche; car il ne s'agissait plus, cette fois, d'un petit Carême, comme celui dos Minimes et peut-être relui des Carmélites. La Gazette de France nous apprend que le stationuaire prêchait trois fois par semaine, le dimanche, le mercredi et le vendredi ; ainsi le nombre des discours aurait pu monter à dix-huit, et, dans tous les cas, la Gazette, qui certainement n'a pas tout dit, en a mentionné treize en termes exprès. jVoici la liste de ceux qui nous restent, je la crois exacte et complète.

C'est d'abord un sermon prêché, selon l'usage, pour la Purification, le jeudi 2 février2. Puis, pour la première semaine du carême, un seul sermon, celui du dimanche (26 février) sur la Prédication vcanrj clique 5. Pour la seconde semaine, deux

1. Voyez le chapitre précédent, p. 340. — 2. Premier sermon pour le jour de la Purification de la Sainte Vierge (M.-., t. XV, f. 97-116 Gazette de France, 1662, p. 12t. Muse historique, lettre du 4 février, p. 1*J). — 3. Ma, t. XII, f. 69-82. Au f. 70, de la main de Bossuet : 1 Dimanche de Care.sme {(>' r, 318). La Gazette

mentionne a iioations du mercredi et du vendredi l€r et

3 mars. Elles sont perdues.

CARÔIE DU LOUVRE.

sermons, sur trois qui furent prêches !, mais deux chefs-d'œuvre, les sermons sur F Impénitence finale la Providence 2. Pour la troisième, un feuillet unique intercalé dans un sermon prêché en 1666 sur la Charité fraternelle 3. Pour la quatrième,, un sermon sur F Ambition*, le sermon sur la Mort, prêché le mercredi 22 mars 5, et un sermon prêché, non le vendredi, mais le samedi 25, jour de l'Annonciation 6. Pour la cinquième, trois sermons sur l'Efficacité, sur F Ardeur, sur F Intégrité de la pénitence. Les bénédictins par mégarde les avaient don-

1. Les 5, 8 et 10 mars {Gazette, p. 247, 248). — 2. Ou les a jusqu'à présent partagés entre les deux Carêmes du Louvre (1602). et de Saint-Germain (1686), par cette raison, très plausible en apparence, que tous deux appartenaient au jeudi de la deuxième semaine, et, par conséquent, n'ont pu être prêches dans la même station. Mais c'est par erreur que Déforis les avait rapportés au jeudi; les [indications du ms. (t. XII, f. 195, 177), 2 sem. 1, — 2 scm. 2 (ou 3 : Bossuet écrit les deux chiffres, et il serait difficile de dire lequel des deux est en surcharge) prouvent qu'ils ont été prononcés le dimanche 5 et le mercredi 8 (ou le vendredi 10) mars 1662. — 3. Ms., XII, 262. La seconde rédaction est indiquée par une note autographe, comme le deuxième sermon de la troisième semaine. La première répondrait au sermon mentionné par la Gazette (p. 260) pour le mercredi 15 mars. Une note placée à la suite du premier point du sermon sur la Femme adultère (Ms., t. XII. f. 203) renvoie au troisième sermon de la troisième semaine, Loutre. Ce sermon que la Gazette ne mentionne pas est égaré. Il en est de même de celui du dimanche 12, qui était peut-être une première rédaction du sermon sur V Amour des Plaisirs, prêché ce même jour, en 1666. — 4. Il se rapporterait au quatrième dimanche, si toutefois il y a eu sermon au Louvre le dimanche 19 mars, jour de la 8aint- Joseph. La Gazette n'en parle pas. — 5. Note du ms. (XII, f. 359); 4 m. {Gazette, p. 284). — 6. Deuxième sermon pour V Annonciation {Gazette, p. 307).

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