MATURITÉ, PERFECTION
ce point, si difficile à saisir, qui est celui de la maturité et de la perfection.
La maturité, pour beaucoup, même parmi 1rs plus illustres, vient tard, et elle dure peu. Elle <ist venue pour Bossuet à son heure. Elle devait durer plus de trente ans. Ce long espace se divisera naturellement en plusieurs époques, où nous verrons son génie se renouveler. Dans le Carême de Saint- Germain (1666), dans les Oraisons funèbres (1669- 1687), il déploiera plus d'abondance, un art plus divers et plus achevé. Je ne voudrais rien ôter à la popularité de ces chefs-d'œuvre, que deux siècles ont consacrés, et serai le premier à prendre ma part de ces frics incomparables que Bossuet donnera, comme on Fa dit *, à l'imagination et au cœur. Mais le Carême du Louvre ne pâlira pas à côté de ces merveilles ; dans sa forme, plus sobre et plus simple, il aurait partagé les suffrages à Saint-Lazare, a Port-Royal, aux Carmélites; il aurait tenu eu suspens les préférences de La Bruyère, si je m'en rapporte à ses réflexions sur la chaire, celles de Eénelon, si j'en crois les Dialogue* sur l'Eloquence, et, pour dire plus, celles de Bossuet luimême. Lorsque, après avoir mis fin à tous ces beaux discours, il reprenait un Ion plus humble pour commenter l'Écriture aux religieuses de son diocèse, et pour improviser des homélies devant le peuple.