Sur V ardeur de la Pénitence
SERMON SUR l'aRDEUH DE LA PÉNITENCE. loi
du Bon Pasteur les « empressements de sa charité pour 1rs âmes. » Les voilà qui s'écartent, comme des brebis égarées : Jésus les cherche; jaloux de leur innocence et passionné pour leur salut, il invite ces pauvres abandonnées à revenir à lui ; mais elles méconnaissent sa voix et précipitent leur course pour lui échapper : il réussit à les atteindre au moment où, épuisées de force, incapables de se soutenir, elles allaient périr, si celui qu'elles fuyaient comme un ennemi, ne les avait relevées et portées sur ses épaules. Bossuet supplie l'âme que le Bon Pasteur a retrouvée de ne pas repousser la grâce. Après 1rs pages que j'ai détachées du sermon sur F Impénitence finale et du sermon • sur la Mort, je n'hésite pas à placer cette belle exhortation, que ^orateur y a d'ailleurs rattachée par une allusion directe ; la comparaison qu'on en peut faire nous a été, pour ainsi dire , suggérée par Bossuet:
Que reste-t-il donc, mes frères, sinon que je voiks exhorte à ne recevoir pas en vain une telle grâce : Ne in vacuum gratiam Dei recipiatis l? Pour vous presser de la recevoir , je voudrais bien, chrétiens, n'employer ni l'appréhension de la mort, ni la crainte de l'enfer et du jugement -, mais le seul attrait de l'amour divin. El certes, en commençant de respirer l'air, nous devrions commencer aussi de respirer, pour ainsi dire, le divin amour : ou, parce que notre raison empêchée ne pouvait pas
1. II O&r., vi. 1. —2. i '< --t précisément aux aennonfl mr la Mort
et xi/r /' Impâtitt n< ■ -suet nous renvoie par cette an-
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vous connaître encore,, 6 Dieu vivant , nous devions du moins vous aimer sitôt que nous avons pu aimer quelque chose. 0 beauté par-dessus toutes les beautés , ô bien par-dessus tous les biens , pourquoi avons-nous été si longtemps sans vous dévouer nos affections ? Quand nous n'y aurions perdu qu'un moment, toujours aurions-nous commencé trop tard : et voilà que nos ans se sont échappés, et encore languissons-nous dans l'amour des choses mortelles.
Ce n'est plus parce que ces choses mortelles échappent à notre étreinte, ni parce qu'elles nous corrompent, que l'orateur cherche à nous en détacher ; c'est parce qu'il en est d'autres plus aimables, qu'on oublie d'aimer.
O homme fait à l'image de Dieu , tu cours après les plaisirs mortels, tu soupires après les beautés mortelles; les biens périssables ont gagné ton cœur : si tu ne connais rien qui soit au dessus, rien de meilleur ni de plus aimable, repose-toi, à la bonne heure, en leur jouissance ; mais si tu as une âme éclairée d'un rayon de l'intelligence divine ; si , en suivant ce petit rayon , tu peux remonter jusques au principe, jusques à la source du bien, jusques à Dieu même; si tu peux connaître qu'il est, et qu'il est infiniment beau, infiniment bon, et qu'il est toute beauté et toute bonté : comment peux-tu vivre et ne l'aimer pas? Homme, puisque tu as un cœur, il faut que tu aimes, et. selon que tu aimeras bien ou mal, tu seras heureux ou malheureux : dis-moi, qu'aimerastu donc? L'amour est fait pour l'aimable, et le plus grand amour pour le plus aimable, et le souverain