‹ Bossuet orateurChapitre 185 sur 192 · Mb., t. XIII, i · texte numérisé non relu

Mb., t. XIII, i

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lèvres et « faisant sortir de ses yeux un feu dévorant. » La loi nouvelle n'a pas rendu la justice moins redoutable en lui donnant pour ses coups de foudre des coups de grâce : c'est par le sang d'un Dieu sauveur, c'est par le spectacle de sa bonté infinie qu'elle accable l'ingratitude, et qu'elle en triomphe. Je ne sais si jamais personne, même aux plus beaux temps de l'Église, a prêché avec plus de force et plus de douceur la doctrine de l'amour divin. C'est vraiment Jésus qui parle ; il s'insinue dans les cœurs qu'il pourrait briser. Son glaive est celui de la colombe, sa colère est la colère de l'agneau; on sent que ses menaces sont inspirées, comme ses promesses, par un amour que les mépris indignent sans le lasser. Sa charité s'obstine à sauver même ceux qui veulent se perdre ; il les poursuit dans les retraites les plus secrètes où ils se dérobent, jusqu'à ce qu'il les ait enfin convaincus par ses raisons, ébranlés par ses prières et gagnés, en dépit d'euxmêmes, par les effusions de sa tendresse.

Laplupartde ces beaux discours, où la maturité du génie de Bossuet se révèle par la solidité de la doctrine, comme par la beauté plus achevée de la forme, ont été prononcés en présence de LouisXIV1;

1. La présence du roi est mentionnée par la Gazette de France, les 2 et 20 février, 3, 5, 12 et 36 mars. 2 et 9 avril. Bossuet, en esquissant ses discours, lui avait d'avance adressé la parole dans les ser-

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