JUGEMENTS PORTES SUR LES SERMONS LE RUSSIE!. XXVU
Les plus beaux sermons recueillis par Déïoris donnaient trop de prise à ces puristes, auxquels Maury se croit obligé de démontrer longuement que Bossuet n'est pas un écrivain sans style. Ils devaient jeter les hauts cris en parcourant un recueil où figuraient, pêle-mêle avec des discours presque achevés, tant d'ébauches imparfaites, qui remontaient, pour une part, aux jeunes années de l'orateur, et à une époque où la langue française n'était pas encore fixée. L'équitable d'Alembert est presque le seul écrivain célèbre qui en ait parlé sensément : il sent bien que les sermons qu'on vient d'imprimer ressemblent plutôt à des esquisses qu'à des tableaux terminés; mais ce sont les esquisses d'un grand maître ■ « ils n'en sont que plus précieux, ajoute-t-il. pour ceux qui aiment à voir dans ces dessins heurtés et rapides les traits hardis d'une touche libre et fière et la première sève de l'enthousiasme créateur l ». Parole excellente : d'Alembert aurait dû ajouter seulement qu'il y avait des taoleaux terminés parmi ces esquisses.
Les auditeurs de d'Alembert et surtout ses confrères de l'Académie française ont pu trouver qu'en tenant ce langage, le secrétaire perpétuel observait les convenances de son rôle : il était chargé de faire l'Éloge de Bosquet. La Harpe, affranchi de la contrainte du panégyrique, a pu dire plus librement ce qu'il pensait; c'est un droit dont il a pleinement usé. A ses yeux, la publication des serinons de Bossuet n'a fait que confirmer d'une manière éclatante l'équité du jugement porté par Voltaire dans le Siècle de Louis XIV : Bossuet gardait l'honneur d'avoir frayé la voie; aussitôt que Bourdaloue parut, il cessa d'être le premier des prédicateurs; Bourdaloue