‹ Bossuet orateurChapitre 24 sur 192 · JUGEMENTS PORTÉS SUR LES SERMONS DE ROSSUET. XXXI · texte numérisé non relu

JUGEMENTS PORTÉS SUR LES SERMONS DE ROSSUET. XXXI

alors qu'on est seulement surpris et choqué par des traits de mauvais goût. Or, il ne cvaint pas de le dire et il le répétera, s'il le faut1, les sermons de Bossuet, qu'on a exaltés dans ces derniers temps avec plus de zèle que de discernement, « sont des ouvrages de mauvais goût, » qu'une lecture attentive et impartiale ne permet pas de comparer aux « immortelles compositions deBourdaloue et de Massillon. »

On n'est pas très surpris de reconnaître sous la plume de Dussault les sentiments et les principes de La Harpe ; on l'est davantage en voyant Chateaubriand lui-même exprimer, sous une autre forme, à peu près les mêmes pensées. Dans le Génie du Christianisme, où il a si bien parlé des Oraisons funèbres 2, il ne paraît pas connaître d'autres sermons que ceux de Bourdaloue et de Massillon s. Plus tard, il parle des sermons de Bossuet, mais d'une façon confuse ou singulièrement inexacte. Par deux fois, il va jusqu'à faire de Bossuet, dans sa jeunesse, un bel esprit de l'hôtel de Rambouillet : il est ingénieux, par conséquent affecté, et toutefois (par une rencontre malheureuse, car elle n'est pas commune), il a besoin de se polir, de s'épurer, « semblable à l'un de ces fleuves dont l'eau est d'abord troublée, limoneuse, et qui ont besoin de s'éloigner de leur source pour devenir aussi limpides qu'ils sont profonds et majestueux*. » Chateaubriand a pris les sermons par le détail comme La Harpe et comme Dussault; il s'est heurté à des négligences, à des expressions surannées, et ces riens l'ont empêché comme eux de se laisser ravir par les beautés neuves et saisissantes

1. Articles du 20 février et du 5 mars 1815 sur V Histoire Je Bossuet, par M. de Bausset— 2. Liv. III. iv, 4.— 3. Ibid., III, iv, 1. — 4. Article sur les Annales littéraires de Dussault (février 1819).

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