XXXII INTRODUCTION
même du Sermon sur la Mort ', un des chefs-d'œuvre de Bossuet. II a dû être fort surpris lui-même de ce purisme à outrance, s'il lui est arrivé de se relire ou de rouvrir au hasard le recueil des sermons à l'époque où il écrivait la Vie de Rancé (1844) ou la traduction du Paradis perdu (1836).
L'opinion des connaisseurs (pour me servir de l'expression de Dussault) avait changé du tout au tout dans l'intervalle. Il est facile de donner les causes de ce changement. On avait d'abord peu lu les sermons : l'attention publique fut ramenée de ce côté par le double succès de l'Histoire de Bossuet, publiée par M. de Bausset en 1814, et de la belle édition de ses Œuvres complètes, préparée à Saint-Sulpice, imprimée à Versailles 2, la première qui ait pris rang dans les bibliothèques et mis les sermons entre les mains de tous ceux qui aiment la lecture ou les livres. En même temps» les préventions dont les éditions précédentes n'avaient eu raison qu'à moitié commençaient à se dissiper. Par une réaction naturelle contre le pédantisme d'une critique trop exclusive et contre cette monotonie, qui est l'inévitable écueil d'une régularité trop étudiée, on commençait à aimer, jusqu'à l'excès, les hardiesses et les singularités même de l'expression. La méthode historique, appliquée pour la première fois à la critique littéraire, accoutumait d'ailleurs les esprits à se détacher un peu d'eux-mêmes pour juger équitablement le passé et à ne plus confondre avec ceux qui parlent mal tous ceux qui ne parlent pas au gré de nos exigences la
1. Mélanges littéraires. — 2. Œuvres complètes de Bossuet. Versailles, Lebel (1815-1819), 43 vol. in-8°. Les tomes XI-XVII, qui contiennent les Sermons, les Panégyriques et les Oraisons funèbres t ont paru en 1816.