‹ Bossuet orateurChapitre 27 sur 192 · TEXTES DE SERMONS. ÉTUDES CRITIQUES. XXXV · texte numérisé non relu

TEXTES DE SERMONS. ÉTUDES CRITIQUES. XXXV

de ne point se ranger à son avis. Ainsi devaient eniin disparaître les derniers restes du préjugé dont Mme de Sévigné fut complice, à son insu, et qui a régné depuis Voltaire et depuis La Harpe jusqu'à Chateaubriand.

Du moment qu'on ne songeait plus à mettre en question la valeur littéraire des sermons de Bossuet, il fallait tut ou tard s'occuper du texte et s'assurer de la fidélité des éditeurs. Dans le beau rapport qu'il lut à l'Académie française en 1842 *,M. Cousin n'a pas seulement démontré de la façon la plus décisive l'urgente nécessité d'une nouvelle édition des Pensées de Pascal : il prouvait, par un mémorable exemple, qu'il était temps de porter enfin dans l'étude des chefs-d'œuvre du dix-septième siècle la sévère méthode et les scrupules d'exactitude qu'on semblait reserver pour les écrivains de l'antiquité, de restituer avec le même soin nos textes classiques , surtout lorsqu'il s'agissait d'oeuvres inachevées, publiées par des mains étrangères, après la mort et contre le gré de leurs auteurs. De ce nombre étaient les sermons de Bossuet presque au même titre que les opuscules de Pascal et les fragments de son Apologie de la religion.

Il est vrai que les éditeurs de Saint-Sulpice devaient inspirer plus de confiance que Port-Royal ou que Bossuet : ils avaient eux-mêmes commencé par dénoncer les interpolations de Déforis et avertir qu'il était toujours prudent de confronter la leçon imprimée avec les manuscrits autographes. Comment ne pas croire qu'ils avaient rempli fidèlement cette tache et tenu à la lettre , pour les sermons comme pour le reste, leur solennelle promesse de donner « Bossuet, tout Bossuet et rien que

1. Rar>j>ort sur la nécessité d'une nouvelle édition des Pensées de

Pascal (Journal des Savants, avril-novembre 1842).

Page 1