‹ Bossuet orateurChapitre 28 sur 192 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

Bossuet * ? » On continua donc, pendant plu? de trente ans, à lire, sans l'ombre d'un soupçon, une édition dont toutes les autres n'étaient et ne sont encore (à l'exception d'une seule) que la servile reproduction. Le premier qui s'avisa d'y regarder s'aperçut que, sauf un très petit nombre de changements qui ne sont pas tous des améliorations, l'édition de Versaillesn'était elle-même qu'une copie assez exacte de l'édition de Déforis.

Ce fut en 1851, qu'un élève de l'école des Carmes, l'abbé Vaillant, conçut l'idée de faire pour Bossuet, par les conseils et sous les auspices de M. Cousin , ce que M. Faugère venait de faire pour Pascal. Il commença par présenter à la Faculté des Lettres de Paris une thèse *. composée trop vite et très incomplète, mais qui avait ce grand mérite de rectifier, alors qu'on attendait encore les savantes études de M. Floquet, quelques erreurs de faits et de dates accréditées par M. de Bausset, et surtout de promettre une édition de Bossuet, réellement et entièrement revue sur les manuscrits. Versé par les habitudes de sa profession dans l'étude de l'Écriture et des Pères, porté par une vocation singulière vers les recherches philologiques, doué de la patience et de l'esprit d'exactitude qui sont en pareille matière les qualités essentielles, l'abbé Vaillant paraissait propre à remplir la tâche qu'il s'était choisie, et l'on ne peut se défendre d'un double regret en pensant que cet honnête et studieux jeune homme trouva noblement la mort, dès le début de sa carrière, au chevet d'un malade dont il consolait l'agonie (1853). Le seul défaut que je reproche

1. Pré/ace placée en tête des Œuvres complètes de Bossuet, t. I, Versailles, 1816, in-8°, p. XX. — 2. Études sur les sermons de Bostuct, d'après les manuscrits. Paris, Pion frères, 1851, in-8.

Page 1