TEXTE DES SERMONS. ÉTUDES CRITIQUES. XXXVII
au travail de l'abbé Vaillant (car on pardonne aisément tout le reste à l'inexpérience de l'âge), c'est de lui avoir donné, dès la première page, la l'orme et le ton d'un réquisitoire. Le coupable, c'est Déforis, que l'on accuse, et sans lui accorder sur aucun point le triste bénéfice des circonstances atténuantes. Je demeure persuadé qu'il n'était pas indispensable, même pour démontrer la nécessité d'une nouvelle édition des sermons, de traiter si durement l'homme qui nous les a conservés.
C'est mon premier grief aussi contre M. Lâchât, qui a repris courageusement et auquel il a été donné de mener à tin 4 le difficile travail commencé par l'abbé Vaillant. Les éloges que le nouvel éditeur de Bossuet accorde en passant à Déforis 2 ont l'air d'une véritable précaution oratoire, tant il s'est hâté de changer de langage, nonseulement dans une Introduction où il s'acharne à démontrer que l'honnête bénédictin n'a rien fait qui vaille, mais à tout instant dans les notes de ses cinq volumes, où ce rapin et son badigeon sont traités de la façon la plus dédaigneuse. En vérité, ce dédain-là n'est pas de saison.
J'en veux aussi à M. Lâchât d'un autre trait d'ingratitude. Il a joint à la plupart des sermons de Bossuet des notes sommaires où il indique les dates et rappelle à l'occasion les circonstances qu'il est utile de connaître pour mieux entrer dans la pensée de l'orateur. Ces notes sont utiles, quoiqu'il s'y soit glissé beaucoup d'erreurs ;
1. Œuvres complètes de Bossuet, publiées d'après les imprimés et les manuscrits originaux, purgées des interpolations et rendues à leur intégrité par F. Lâchât. Paris, Vives, 31 volumes in-8. Les tomes VIII-XII, qui renferment les Sermons, les Panégyriques et les Oraisons funèbres, ont paru de 18(32 à 1S64. — 2. Les Sermons, Remarques historiques. (Ibiel., t. VIII, p. XXVII.)