XXXVIII INTRODUCTION
mais les erreurs, sur des points aussi délicats, sont très pardonnables. Ce qui l'est moins, c'est de taire l'origine des renseignements, que M. Lâchât a rarement puisés aux sources. Il ne suffit pas d'invoquer quelquefois le témoignage des critiques, sans nommer personne : les critiques, c'est l'abbé Vaillant et c'est surtout M. Floquet. Pourquoi M. Lâchât ne dit-il nulle part, en toutes lettres, qu'il a tiré des savantes Études sur la rie de Bossuet tout ce qu'il y a de plus exact et de plus nouveau dans son commentaire historique ?
A Dieu ne plaise que je sois injuste pour M. Lâchât comme il l'a été pour d'autres : il a rendu des services considérables. Le principal mérite de son édition est de restituer dans leur intégrité les sermons que Déforis avait mutilés et plus souvent fondus ensemble. Les éditeurs de Versailles avaient ainsi refait deux sermons du sermon sur les Démons publié en 1772; l'abbé Vaillant avait signalé des mélanges de texte analogues dans l'exorde du sermon sur la Loi de Dieu, dans le premier point du sermon sur la Justice. M. Lâchât est allé beaucoup plus loin : sous les redites du plus ancien des sermons pour la Toussaint, d'un sermon pour ï Annonciation, (jui appartient aux commencements du séjour de l'archidiacre de Metz dai's la capitale, d'un très beau sermon prêché devant la cour le jour de Noël, d'un sermon particulièrement mémorable, prononcé à Dijon devant le prince de Condé, il a reconnu deux compositions distinctes quoique assez semblables, noyées dans un amalgame informe où l'une et l'autre avaient également perdu ce qui fait la vie du discours, je veux dire la suite rigoureuse des idées et la justesse des proportions. Le nouvel éditeur a remis ainsi à leur véritable place un certain nombre de passages tirés d'un discours et intercalés dans