‹ Bossuet orateurChapitre 3 sur 192 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

saints Pères, beaucoup des Grecs... Hors les grands panégyriques et peu d'autres actions d'éclat, aucun de ses sermons n'a la forme d'un discours achevé; et plusieurs sont en latin { . »

Comment un homme qui a vécu dans la familiarité de Bossuet pendant vingt ans, et qui a classé tous ses papiers, a-t-il pu commettre sur un point aussi essentiel tant de méprises grossières? Il y faut voir d'abord une preuve certaine du peu d'attention que Tévêque de Meaux avait fini par accorder à ce qui lui était resté des essais de sa jeunesse. A peine s'avisait-il d'y recourir encore quelquefois pour en détacher des lambeaux qui passaient, par exemple, dans la Politique tirée des propres paroles de l'Écriture Sainte 2. Son secrétaire le voyait d'ailleurs à tout instant préparer ses instructions : il se faisait alors apporter la Bible ou saint Augustin ; après avoir relu avec une attention profonde et de suite quelques chapitres de l'Écriture, il lui arrivait de jeter sur le papier quelques notes : c'étaient, en effet, des textes, ou l'indication sommaire d'un plan, la division du discours; puis il s'absorbait dans sa pensée, méditait, priait, jusqu'au moment de monter en chaire. Il parlait alors sans étude, familièrement, de l'abondance du cœur.

Mais Bossuet n'avait pas toujours procédé ainsi. On a su plus tard, par l'étude même des manuscrits autographes, mieux que par les assertions de ses familiers, mieux que par son propre témoignage, quelle méthode il avait suivie d'abord, et durant de longues années, dans son travail, et quel était le contenu de ces portefeuilles que Ledieu a vus, mais qu'il paraît n'avoir ja-

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