HISTOIRE DES SERMONS DE BOSSUET. IX
mais ouverts. Naïf admirateur de son maître, il aurait été ravi d'y trouver tant de discours achevés, et, du premier coup d'œil, il aurait reconnu que Bossuet, en préparant ses sermons, n'écrivait en latin que les textes tirés de l'Ecriture ou des Pères.
L'abbé Bossuet y regarda de plus près. C'est à lui que furent remis, après la mort de son oncle, tous les papiers qu'il avait laissés. Nommé évêque de Troyes en 1710, il emporta dans son diocèse cette part de l'héritage dont on ne peut pas, du moins, l'accuser d'avoir ignoré le prix . Doin Déforis a eu entre les mains les copies qu'il avait faites de plusieurs sermons de Bossuet. C'étaient des modèles, sans doute, qu'il songeaità imiter pour son propre compte, qu'il devait être heureux de mettre sous les yeux des jeunes prêtres. Il est à regretter seulement que I 'i'vi -!{ue de Troyes n'ait pas gardé avec un soin plus jaloux les manuscrits autographes. Il avait l'imprudence de les prêter aussi bien que ses copies, etc'est ainsi, très probablement, qu'un assez grand nombre de sermons, et notamment plusieurs panégyriques dont les contemporains avaient gardé le souvenir l, ont été perdus sans retour.
Quelques-uns de ces sermons égarés par négligence furent les premiers qu'on put songer à publier. Retrouvés en diverses mainSj réunis d'abord par l'abbé Leroy qui se chargea d'en tirer profit, ils furent achetés pour la bibliothèque du roi et aussitôt confiés à l'abbé Lequeux, chargé de surveiller la grande édition des Œuvres de Bossuet dont les premiers volumes venaient
1. Les Panégyriques de saint Thomas cTAquin, de saint Thomas de Villeneuve ut de suint Paul (le Surrewit Sauùu, qui lit plus de bruit que le Placeo mi/a).