‹ Bossuet orateurChapitre 33 sur 192 · XLIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLIV INTRODUCTION

l'idée de fixer la place respective de deux sermons, lorsqu'on n'a pas d'autre indice que la comparaison de passages où l'orateur, à des époques différentes, exprime deux lois les mêmes idées; il est, en effet, plus que probable que le discours où Bossuet, en se répétant, s'est corrigé, est le plus récent des deux, et cette preuve, toute littéraire, suffit, dans beaucoup de cas, pour trancher une question douteuse. En dehors même de ces rencontres, on peut accepter pour des arguments plausibles le degré de rigueur dans le développement des preuves, le degré de perfection dans le style, qui sont autant de signesd'inexpérience ou de maturité, et particulièrement l'emploi de telle locution surannée ou de tel tour familier, dont Bossuet faisait usage à Metz et n'aurait plus fait usage à la Cour. Mais on comprend que là où toute comparaison littérale fait défaut, cette méthode, alors même qu'elle serait appliquée par un critique et par un philologue très exercé, commande une extrême circonspection et prête à des méprises assez compromettantes.

Le seul aspect du manuscrit autographe fournit à première vue des indications pi us décisives, et d'ailleurs tellement commodes, que l'on s'étonne de les trouver mises à profit pour la première fois, mais sans beaucoup d'exactitude, dans l'édition de M. Lâchât. Bossuetajetélui-même en tête de ses sermons des notes précieuses à recueillir !. Il a d'ailleurs, et c'est une circonstance très heureuse pour nos recherches, changé d'écriture, à ce point que d'abord on croirait les sermons écrits par trois mains différentes.

1. Un verra, par exemple, comment elles m'ont permis de restituer dans son ensemble le premier Carême que Bossuet ait prêché à Paris.

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