XLVIII INTRODUCTION
descendre avec Bossuet le cours des années pour observer de plus près les caractères essentiels, aussi bien que le développementcontinu et les incessantes transformations de son éloquence, nous avons, pour mieux connaître la nature propre de son génie oratoire, un secours précieux et qu'il ne faudrait point négliger, alors même qu'une édition critique mettrait sous nos yeux la suite des sermons fidèlement rangés dans l'ordre des dates : c'est le recueil des manuscrits autographes conservé à la Bibliothèque nationale *.
Malheureusement il ne contient pas tous les manuscrits que Déforis a eus entre les mains; beaucoup sont dispersés, perdus, sans doute, en partie, et, dans le nombre, ce qui est infiniment regrettable, toute la série des sermons de vêture, toute celle des panégyriques. Néanmoins, ce qui reste suffit encore à remplir cinq gros volumes, et le hasard a voulu qu'il manquât très peu de chose dans les Carêmes, qui sont, de toute manière, la partie la plus considérable des serinons proprement dits. C'est assez pour fixer d'abord nos idées sur plusieurs points assez graves qui se rattachent à la façon dont Bossuet composait.
On s'est demandé (nous l'avons vu) comment il préparait ses discours, et longtemps on a répété, sur la foi du P. La Rue, qu'il n'écrivait pas ses sermons. Les manuscrits confirment pleinement le témoignage de l'abbé Ledieu, pour ce qui touche au séjour de l'évoque de Meaux. clans son diocèse; à peine avons-nous de la main de Bossuet trois ou quatre esquisses rapides qui se rapportent à cette partie de sa vie. Même à une époque très antérieure, de 1663 à 1669, on le voit souventdéjà secon-