‹ Bossuet orateurChapitre 37 sur 192 · LES MANUSCRITS DES SERMONS. XUX · texte numérisé non relu

LES MANUSCRITS DES SERMONS. XUX

tenter de revoir les compositions dont il s'était servi, marquant ça et là d'un trait de crayon ce qu'il y veut laisser ou prendre. Il vivait alors sur son fonds, prêchant quelquefois de souvenir, et quelquefois aussi, je n'en doute pas, d'inspiration. Mais, sous ces réserves, il est certain qu'à Metz, à Paris, jusqu'au Carême de 1662 et même jusqu'à l'Avent de 1669, puis à la Cour, lorsque, par intervalles, il remontait dans la chaire, Bossuet avait l'habitude d'écrire avant de prêcher.

Ce qu'il écrivait ainsi, étaient-ce de simples notes, des esquisses et des ébauches de discours, ou des discours achevés? Il est remarquable qu'on trouve encore à ce sujet des traces d'hésitation chez les critiques les plus versés dans l'étude des œuvres de Bossuet. Il faut bien s'entendre : chacune de ces expressions peut être de mise, pourvu qu'on ne les emploie pas indifféremment et, pour ainsi dire, à l'aventure. Quelquefois Bossuet n'a jeté, en effet, sur le papier qu'un sommaire ou des fragments; quelquefois aussi, bien que le développement paraisse complet et que les phrases soient achevées, il est sensible que nous n'avons sous les yeux que le travail rapide de la dernière heure. La plume court et l'orateur, même en écrivant, improvise. Nous tenons de lui que, dans sa jeunesse, on lui reprochait de se laisser toujours presser par le temps; il commençait donc son sermon la veille, un peu tard, résolu à prendre, s il le fallait, sur son sommeil. Il allait alors toujours devant lui, sans s'arrêter, même pour jeter un regard en arrière. Mais voici que le moment approche où il faudra quitter le cabinet; à peine aura-t-il assez de loisir pour écrire en toutes lettres les dernières lignes de la conclusion ou l'avantpropos du sermon, qu'il écrivait ordinairement après tout le reste, sur le premier papier venu, et dans le

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