DISCOURS SUR L'HISTOIRE UNIVERSELLE
En s 'éloignant d'eux, il ne s'est point adouci à leur égard. Uniquement occupé de maintenir dans toute leur force les arguments qu'ils lui ont fournis, il montre encore une fois ces rebelles, livrés au sens réprouvé, accablés par les Romains : «... Chassés de leur terre et esclaves de tout l'univers, ils n'ont plus ni temple, ni autel, ni sacrifices, ni pays, et on ne voit plus en Juda aucune forme de peuple 1... » Et plus loin, car il insiste sur cette pensée : « ... Tout est renversé dans ce peuple, et il ne reste plus pierre sur pierre a ... »
Il est vrai qu'il avait contre eux deux griefs nouveaux : l'un, dans l'inconstance et la scandaleuse apostasie de ces deux frères, sur lesquels il avait jadis fondé tantd'esprérances ; l'autre, dans l'espèce de frénésie qui s'était emparée des Juifs de tous les pays à la nouvelle que le Messie venait enfin de paraître, mais quel Messie ! On comprend que Bossuet se soit indigné en voyant ceux qui repoussent Jésus • Christ et l'Evangile se précipiter encore une fois au-devant d'un misérable imposteur !
Il n'y a point d'imposture si grossière qui ne les séduise. De nos jours, un imposteur s'est dit le Christ en Orient; tous les Juifs commençaient à s'attrouper autour de lui. Nous les avons rus en Italie, en Hollande, en Allemagne, et à Metz.se préparer à tout vendre et à tout quitter pour le suivre. Ils s'imaginaient déjà qu'ils allaient devenir les maîtres du monde, quand ils apprirent