XII INTRODUCTION
temps d'abord, et puis du nôtre, à l'occasion même du plus grand service qu'il ait rendu. On a été si sévère pour Déforis que je me crois tenu, en conscience, d'entrer dans quelques détails sur les mérites et les défauts de son travail. Je ne prétends pas le défendre sur tous les points ; mais je commencerai du moins par établir très nettement son titre imprescriptible à la reconnaissance des admirateurs de Bossuet.
Nous avons perdu de vue les manuscrits autographes des sermons à la mort de l'évêque de Troyes (1743). L'opinion très accréditée que Bossuet prêchait sans écrire dispensait Déforis de les chercher : était-ce la peine? et trouverait-on quelque chose? Il eut confiance et chercha. A Troyes, il parvint à ressaisir la trace de quelques-uns des sermons que le neveu de Bossuet avait prêtés. A Meaux, on lui communiqua des entretiens rédigés autrefois par les religieuses qui avaient entendu le grand évêque. Des vieillards lui affirmèrent que, s'il était venu vingt ans plus tôt, il aurait rassemblé des discours de toute espèce qui étaient alors répandus en différentes mains '. Malheureusement il était trop tard et les discours avaient disparu.
Tel devait être, un jour ou l'autre, selon toute apparence, le sort de ceux qui étaient restés entre les mains de Tévêque de Troyes. Il est vraiment incroyable que personne, même dans cette ville, n'ait pu dire à Déforis ce qu'ils étaient devenus. Après la mort de l'évêque, ils avaient été envoyés, pêle-mêle avec beaucoup d'autres papiers, de peu de prix sans doute, à l'un de ses héritiers, M. de Chasot, premier président du Parlement de Metz, petit-fils d'une des sœurs de l'évêque de Meaux.