ÉTUDE DES PÈRES DE [/ÉGLISE
Telle sera bien désormais et jusqu'à la fin la méthode de Bossuet. Dans les Oraisons funèbres comme dans les Sermons, et plus encore dans les ouvrages de controverse, il s'appuie sur la doctrine des Pères, il s'inspire de leur esprit, il se sert même de leurs expressions; à tout instant, il les imite, il les traduit ou les paraphrase. Ainsi, lorsque La Bruyère, en 1693, décernait à l'évèque de Meaux ce titre de Père de l'Eglise, si glorieux dans la pensée de l'un et de l'autre, ce n'était point là un de ces éloges à toute fin que prodiguent les panégyristes : Bossuet avait mérité qu'on le mît au rang des Pères, moins encore parce qu'il était leur égal par le génie. que parce qu'il était nourri de leur pensée, et accoutumé en toutes choses à se guider sur leurs exemples.
Mais au moment où La Bruyère parlait ainsi d'avance « le langage de la postérité *, » on sait comment le dernier des Pères de l'Eglise citait les Pères apostoliques. Ils lui étaient devenus tellement familiers qu'il retrouvait, à point nommé, sans recourir au livre, sans interroger laborieusement sa mémoire, les endroits de leurs ouvrages qui se rapportaient à son sujet; il s'en appropriait l'esprit ou la lettre daus la mesure où le comportait la suite dé son raisonnement; la couleur même du style n'en était jamais altérée. Et il nous faut les indications de l'orateur lui-même pour distinguer dans la