SERMON SDR LA PROVIDENCE
non pas en 1668, ni devant le prince de Condé, mais douze ans plus tôt, et la veille d'une entrée solennelle que le duc d'Epernon, gouverneur de Bourgogne, lit en effet dans la capitale de cette province, le 8 mai 1656.
Il s'en faut Lien que ce soit une chose indifférente de reculer ainsi de douze ans la date du sermon prêché à Dijon. Nous avons, en effet, un autre sermon de Bossuet sur la Providence, prêché devant Louis XIV, en 1662 (je le prouverai A), c'est-àdire six ans plus tôt ou six ans plus tard, selon qu'on accepte l'hypothèse de l'abbé Vaillant ou qu'on se range à l'opinion de M. Floquet.
Or, le discours prêché au Louvre est manifestement supérieur à l'autre. S'il est plus ancien, le rapprochement nous conduit à cette conclusion stérile et. assez triste que les plus beaux génies sont sujets à d'étranges défaillances, et que Bossuet, même à l'époque de sa pleine maturité, était homme à reprendre un de ses ouvrages pour y semer de nouvelles imperfections. Si, au contraire, le meilleur des deux discours est aussi le plus récent, h comparaison devient singulièrement instructive : c'est Bossuet lui-même qui nous prête ses proj lumières pour juger la première forme qu'il avait donnée à sa pensée, et nous aide à reconnaître tout ce qui pouvait manquer encore à l'un des essais les plus mémorables de sa jeun i —