DISSÉMINATION
qu’il est ruminé (^rumination, comme dans les Anonacécs, le Sagou, l'Arec et beaucoup d’autres Palmiers [fig. 496]).
Mais d'autres fois , au contraire, le testa peut former en dehors des prolongements où ne le suit pas la membrane interne. Ce sont de petites excroissances charnues ou caroncules qui , le plus souvent, circonscrivent le micropyle (fig. 443 c); ce sont des replis, membranes ou ailes, qui ( comme celles des samares ) tantôt s’étendent de l une ou l'autre extrémité, tantôt partent du pourtour de la graine, soit d’un côté seulement, soit de tout son contour, au nombre de un ou plusieurs : on dit alors la graine ailée.
La membrane interne mérite le plus souvent son nom par son tissu mince et flexible ; quelquefois cependant elle s’épaissit , et même au point de sembler une couche de périsperme , auquel son tissu, alors charnu, fournit ainsi une transition plus ou moins insensible. Ce n’est pas toujours également qu’elle se renfle ainsi : mais elle peut ne s’épaissir que par places seulement, conservant dans les autres sa nature membraneuse. Elle est le plus souvent blanchâtre ou demi-transparente.
Quant au testa, il peut présenter la même apparence et la même couleur; mais plus ordinairement diffère par sa teinte plus foncée, ainsi que par son tissu plus compacte et son épaisseur plus grande- Sa consistance est quelquefois molle , charnue , quelquefois coriace, souvent d’une dureté qui se rapproche plus ou moins de celle du bois : alors, s’il est mince, il devient fragile. Sa surface est lisse ; ou elle est inégale, se recouvrant de saillies diverses, obtuses ou aiguës, régulières ou irrégulières ; ou bien, au contraire, se creusant de points, de petites fossettes, de rides, même d’alvéoles, qui figurent une sorte do réseau. Elle est glabre ou couverte de poils de nature diverse, analogues à ceux que nous avons vus sur d’autres parties.
§ 481 . Dissémination. — La maturité de la graine coïncide, le plus généralement, avec celle du fruit. Alors commence la dissémination, c’est-à-dire l’acte par lequel les graines, détachées de la plante qui leur a donné naissance, s’éparpillent plus ou moins loin d elle pour vivre de leur vie propre. Souvent le fruit se détache avec elles par la désarticulation de son pédoncule, ils tombent l'un contenant encore l’autre. Le funiculo se désarticule lui-même au point du hile, et la graine devient libre dans la logo. Si le péricarpe est déhiscent, elle en sort naturellement dans les mouvements qui peuvent être imprimés au fruit desséché , souvent par la pression meme des valves qui se contractent élasliquement en se séparant ; s’il est indéhiscent, la sortie est plus tardive a travers le péricarpe, qui, désormais privé de vio, se décompose peu à peu et se sépare
par lambeaux. Des causes nombreuses favorisent la dissémination : la pesanteur qui a augmenté à mesure que la force d'adhérence diminuait, l’ébranlement donné par le vent ou la pluie; l'intervention des animaux qui transportent et quelquefois même enfouissent les graines, soit involontairement, soit volontairement et pour s’en nourrir; et, lors môme qu'ils se sont nourris du fruit, il arrive fréquemment que l’amande, défendue par un noyau ou un testa ligneux et épais, résiste à la digestion et est rendue intacte à la terre avec les excréments. Certaines graines offrent prise à l’action de ces agents extérieurs, comme, par exemple, toutes les graines pourvues d’aigrettes, sorte de parachute qui les soutient en l’air et permet au vent de les emporter au loin.
§ 482. Bien des graines échappent à ces actions, se dessèchent à l’air, se pourrissent dans l’eau, sont dévorées par les animaux : mais il en est toujours un certain nombre qui, par une cause ou l’autre, se conservent à la superficie du sol ou s’enfouissent à une certaine profondeur. La nature a assuré la conservation des espèces végétales par le nombre des graines qu’elles portent, nombre hors de toute proportion avec celui des individus qui doivent vivre. On cite à cet égard l'exemple du Pavot, où chaque fruit renferme une telle multitude de graines qu’il suffirait pour couvrir de pavots toute la surface de la terre en peu d’années, si elles se développaient toutes pendant plusieurs générations successives.
§ 483. Germination . — Un certain degré de chaleur et d'humidité est nécessaire à la vie ultérieure de l’embryon dans la graine devenue libre, avec ou sans son péricarpe. Nous avons vu (§ 213 ) qu'il lui faut une certaine proportion d’oxygène, et par conséquent le libre accès de l'air; mais chez beaucoup de graines, lorsqu'elles sont privées de ces conditions, la vie se suspend sans s’éteindre, et on peut les conserver ainsi pendant une longue suite d’années en les tenant à l'abri de l'eau et do l’air : de là l’usage de les enfouir à une grande profondeur dans des cavités convenablement préparées, et qu’on nomme des silos. Leur conservation spontanée s observe fréquemment dans la nfiture. Les terrains nouvellement défrichés, les bords des tranchées plus ou moins profondes sur un sol très longtemps intact, se couvrent presque toujours d’une végétation nouvelle, différente de celle qu’on y observait auparavant, et il n est pas rare d’y voir paraître des plantes depuis longtemps disparues du pays, ou cependant on sait qu’elles ont autrefois vécu. Leur apparition prouve que leurs graines, enfouies à cette époque lointaine, se sont conservées vivantes : longtemps soustraites à l’accès do 1 air, elles commencent à pousser dès qu’il leur est donné.
^ 484. Supposons une graine dans toutes les conditions favora-