GERMINATION
bles à son développement, et observons les nouveaux changements qu elle subit. Tantôt ils se font avec une incroyable rapidité, tantôt avec une grande lenteur : le Cresson alénois germe en un jour, tandis qu'il y a des plantes auxquelles il faut des années. Il est vrai que ces dernières sont, en général, entourées de téguments qui les mettent à l ’abri des agents extérieurs, et résistent elles-mêmes longtemps à leur action ; de sorte que la germination , à proprement parler, ne commence qu’après un long intervalle.
§ 485. On peut distinguer deux périodes dans la germination : une première, pendant laquelle l’embryon continue à croître au dedans de la graine devenue libre ; une seconde, où, s’étant fait jour à travers les enveloppes de cette graine, mais y tenant encore, il se développe en dehors d’elle. Si l’on poursuit une comparaison que nous avons déjà indiquée (§ 460), celle de la graine avec l’œuf des oiseaux, on reconnaîtra sans peine que la première période correspond aux changements survenus dans 1 intérieur de cet œuf pendant l'incubation, c’est-à-dire pendant qu’il est couvé; que la seconde correspond à l’éclosion.
§ 486. Examinons d’abord ce qui se passe dans la première. Deux caspeuventse présenter : l’embryon est accompagné d'un périsperme, ou il en est dépourvu.
S’il y a un périsperme, celui-ci se ramollit par l’action combinée de la chaleur et de l'humidité ; sa nature chimique change aux dépens des éléments que lui fournit l’oxygène de l'air et de l’eau (§ 213, 21 4 . L’embryon, en contact avec lui, par la totalité ou par la plus grande partie de son contour, absorbe ces matières devenues aptes à le pénétrer par leur état de solution et à le nourrir par les modifications qu’elles viennent de subir. Ainsi nourri, il grandit dans la même proportion que le périsperme décroît, et finit par remplir tout l'intérieur de la graine, où il n’occupait d’abord qu’un espace plus ou moins limité. Alors le périsperme a disparu, et l'embryon ne peut plus s'étendre qu’en rompant les téguments qui, ramollis, opposent d’ailleurs une résistance de moins en moins grande.
§ 487. S'il n’v a pas de périsperme, et que l’embryon remplisse déjà, au moment de la dissémination, toute la cavité do la graine, il est clair rpie la germination devra être considérablement abrégée, puisque scs parties auront dès lors acquis un bien plus grand dévéloppement que dans le cas précédent. En général , ce sont les cotylédons qui forment alors la plus grande partie de la masse cmbryonaire, et l’on doit remarquer (pic, dans ce cas, leur nature est analogue a celle du périsperme : c’est une masse celluleuse, dont les cellules sont remplies de fécule (Haricot, Pois, etc.) ou charnues, et contiennent souvent des gouttelettes d’huile (Noix, Colza, etc )’
Cette masse joue, par rapport au reste de l’embryon, le rôle de périsperme, subit des changements analogues à ceux que noés avons vus précédemment s’opérer dans celui-ci, et fournit ainsi la nourriture à la radicule et à la gemmule, organes où se porte toute la force de développement.
§ 488. Ainsi fortifié, soit aux dépens du périsperme, soit aux dépens de ses propres cotylédons, l'embryon, continuant à croître, presse ses téguments, qui se rompent et lui livrent passage. Presque toujours c'est la radicule qui se montre la première au dehors [fig. 446, 1 ) , comme on devait s'y attendre, puisque, dès le principe, c’est son extrémité qui était la plus rapprochée des téguments, presque à nu au-dessous d'eux et correspondant à une solution de continuité naturelle, le micropyle. La radicule donc fait saillie au dehors. Mais ce que nous avons appelé radicule est presque entièrement formé par la tigelle, au sommet de laquelle est la gemmule, qui, à son tour, se trouve ainsi en dehors ; son axe , jusqu’alors contracté et presque nul , s’allonge ; ses petits lobes latéraux, rudiments des feuilles, se développent, et tout ce système se dirige verticalement 4 2. a. de bas en haut vers le ciel.
Mais dans cette germination la partie véritablement radiculaire, bornée jusque-là à l'extrémité seule de la radicule, a commencé elle-même à s’allonger (fig. 446, 2), et toujours dans la direction inverse , de haut en bas, vers le centre do la terre.
Le cotylédon , simple ou double, reste le dernier engagé dans la graine : tantôt môme il no s’en dégage pas et se flétrit avec elle ; tantôt il s’en débarrasse à son tour, et, devenu libre, s épanouit [fig. 446, 3) en feuille au point de la jeune lige qui sépare la portion appartenant primitivement à la radicule de celle qui appartenait a la gemmule. Alors toutes ces parties commencent a verdir sous 1 influence de l’air et de la lumière.
§ 489. Faisons néanmoins remarquer que beaucoup d embryons se montrent déjà verts au dedans de la graine, avec une teinte quol-
4i5. Germination d'une graine dirotylédonéc nonpérispennée, relU* d<* 1 Actif in julibrissin. — c Enveloppe de la prairie. — r Ilndiculc de 1 embryon. I libelle. — c Cotylédons. — U Gemmule. — 1 Première époque, où la radicule se montre an dehors à travers l’enveloppe rompue. — 2 Deuxième époque, où les parties développées , et déjà bien distinctes entre elles, se sont dégagées do l'enveloppe, qui cependant contient encore le sommet des cotylédon*. — 3 Troisième époque , où l'embryon est dégagé en entier de l’cnveloppo , et où les cotylédons , redressés et écartés , laissent apercevoir la gemmule.