‹ BotaniqueChapitre 11 sur 206 · Grains de fécule du Maïs · texte numérisé non relu

Grains de fécule du Maïs

les fécules Lirées de piaules différentes, mais assez constante dans une môme espèce de plantes pour qu’un œil exercé reconnaisse à laquelle il appartient. Ainsi, pour prendre les exemples les plus connus, qu'on examine comparativement des tranches extrêmement lines faites sur une Pomme de terre [pg. 60), sur un grain de Blé (/ uj . 61), et sur un grain de Maïs [pg. 62), et l’on trouvera que les grains de fécule diffèrent assez dans les trois pour se laisser eisuite facilement reconnaître. Si, dans la petite goutte d’eau où on laisse ordinairement les tranches pour prévenir leur dessiccation , on mêle une quantité bien plus faible de solution d’iode, on verra tout de suite se colorer les granules et se dessiner plus nettement les cellules qui les renferment [pg. 60).

C’est aussi par la présence de granules nombreux que se découvre le latex ou suc propre en circulation dans les vaisseaux auxquels il a donné son nom ( pg . 53). Ils sont en général très petits . comme une espèce de poussière , mais inégaux entre eux , et au milieu d’eux on en remarque quelques uns beaucoup plus gros, de formes quelquefois bizarres, que l’iode fait reconnaître pour des grains de fécule.

§ 22. Une matière répandue très généralement aussi dans les cellules végétales est celle qu’on a désignée par l'épithète de verte , qui leur communique cette couleur et que, par conséquent, il faut chercher dans les parties qui présentent cette teinte. Dans la plupart des plantes ces parties sont, pour la plus grande proportion, les feuilles, et de là le nom de chlorophylle vert; spûXXov,

feuille) que reçoit la matière verte; mais elle s’observe également, ainsi que la coloration quelle détermine, dans certaines parties des fleurs, en général dans les tissus situés vers la surface comme les jeunes écorces, mais souvent même à l’intérieur et à une profondeur assez grande, par exemple dans la moelle jeune,- enfin dans certains végétaux tout entiers très simples réduits à la forme de tubes ou de lames sans feuilles ou sans tiges. Au premier coup d’œil elle semblerait tapisser toute la paroi cellulaire; mais si on l'observe à un grossissement suffisant, on reconnaît que cette paroi conserve sa transparence, et le plus communément c’est sous la forme de grains que, derrière elle, se présente la chlorophylle pg. 80 et 82, p), et suivant qu'ils sont plus ou moins foncés, plus ou moins abondants et rapprochés, la cellule entière parait d’un vert plus ou moins pâle ou intense. Ces grains sont tantôt appliqués sur sa surface régulièrement (comme on le voit si bien dans le Chara) ou irrégulièrement, tantôt dispersés dans sa cavité en suspension dans le liquide qui la remplit. Plus rarement, comme, par exemple, dans certaines conferves, la chlorophylle figure des sortes

de rubans enroulés en anneaux ou en spirales. Si l'on soumet a 1 action de l'alcool ou de l'éther ces différentes cellules à teinte verte, on voit cette teinte disparaître, et cependant les granules ou bandes conservent, décolorés, leur dimension et leur forme primitives, d'où l'on conclut que la chlorophylle ou matière verte proprement dite ne forme qu’un enduit superficiel sur ces corps d'une autre, nature que la sienne, et non susceptible de se dissoudre comme elle dans ces deux fluides : et même la portion dissoute dans l'éther n'est pas encore de la chlorophylle pure, car on a prouvé quelle est mêlée d’une forte proportion de cire. Si l'on ajoute l'emploi de la solution diode, on voit les grains se colorer en bleu ou d'autres fois , ainsi que les rubans , en jaune, teintes nouvelles qui font reconnaître de la fécule ou de la matière azotée. Quelquefois et dans les mêmes cellules, mais assez rarement, la chlorophylle figure de petits filaments ou des tlocons nuageux , et c’est sous cette dernière forme qu’on la voit apparaître d'abord dans une partie du protoplasma. Toutes ces observations tendent à démontrer que c’est, en dernière analyse, une matière à demi molle, une gelée, tendant à se déposer sur les divers corps qui se trouvent avec elle dans l'intérieurde la cellule. On a pensé même qu'elle se formait aux dépens de la fécule, dont la substance chimiquement modifiée se changerait d'abord en cette matière cireuse toujours unie à la chlorophylle, puis en celle-ci. Cette opinion justifierait le nom de fécule verte que lui donnaient les anciens chimistes. Mais pour qu’elle fût démontrée, il faudrait que la fécule formât constamment le noyau qu’enduit la chlorophylle, tandis cpic nous venons de voir le contraire : que ce noyau allât en diminuant à mesure que l’enduit vert formé a ses dépens s'épaissirait, tandis que c'est, l'inverse qu’on obserxe souvent; enfin que la fécule préexistât toujours dans les cellules, ce qui est loin d'avoir lieu. Quoi qu il en soit, les grains de chlorophylle sont généralement très menus ; leur noyau de fécule souvent simple est d'autres fois formé par plusieurs granules réunis sous un enduit commun, et sa nature, que son volume ainsi réduit no permet pas de reconnaître à sa forme, ne se constate que par I action colorante de l'iode, à laquelle il échappe dans le cas d'extrême ténuité.

Lorsque beaucoup de feuilles se décolorent vers l'automne en passant a la teinte jaune, cette teinte paraît due à une altération de la chlorophylle, qui, ainsi modifiée, a reçu le nom de xunlhojilujUa f'v.O',; jaune).

$ -:i H est très fréquent de rencontrer des cristallisations dans I intérieur des cellules, où leur présence n’a rien qui doive étonner. Én effet, il se forme, par l'acte même de la végétation, dans les

organes (le la plante , un certain nombre d'acides particuliers (comme les acides oxalique, maliquo, etc.); et elle puise l’acide carbonique dissous dans l'eau de l’atmosphère et de la terre en même temps ; d’une autre part , le sol contient en dissolution des alcalis inorganiques, comme la chaux, la potasse, la silice, qui sont absorbés et circulent avec la sève. Ces diverses solutions doivent fréquemment venir à se rencontrer dans les cavités de la plante ; et si les corps qu’elles contiennent ont le degré convenable d’affinité l’un pour l’autre et la propriété de former ensemble une combinaison insoluble , ils pourront cristalliser en sels de natures et de formes variées. Il semble, au premier coup d’œil, que ce soit là une opération purement chimique qui a lieu dans l’intérieur des cellules, comme elle aurait lieu dans tout récipient où ces mêmes solutions se trouveraient mélangées et en repos; et quand on trouve les cristaux d’autant plus multipliés que le parenchyme est plus âgé et1 que son activité vitale est plus affaiblie , on est confirmé dans cette idée, que leur formation est du domaine des forces inorganiques et non de celles de la vie. Cependant plusieurs considérations viennent à l'appui de l’opinion contraire , et surtout l’observation récemment faite par M. Payen , que les cristaux ne se forment pas et ne flottent pas librement dans l’utricule , mais qu'il existe un appareil particulier bien organisé qui les produit et les contient. D’un point de la paroi de ces utricules part un cordon composé lui-même de cellules plus petites, et qui porte suspendue une masse qu’on peut reconnaître pour être un tissu cellulaire très lin et comme à l’état naissant (pg. 63 n). C'est plus tard, dans l'intérieur des petites cellules de cette masse ainsi suspendue , que se dépose et cristallise la substance minérale . comme dans une gangue ; et ce sont elles qui semblent en déterminer les limites et la forme; de telle sorte qu’un même sel , l'oxalato de chaux, par exemple, peut cristalliser dans les végétaux sous plusieurs formes tout à fait différentes, dues aux différences de l'appareil où s'opère la cristallisation. On avait vu la masse cellulaire avant la déposition du sel; on peut la voir après, plus développée et plus arrêtée

03. Musse de tissu cellulaire prise dans la feuille d’un Figuier ( Ficus claslica), dans laquelle se développent des cristaux dont l'agglomération figure un noyau hérissé 11. File est suspendue par une sorte de tube s dans l'intérieur d’une cellule dilatée r, située son^ l'épiderme et environnée d'nlrieules u plus petits, remplis de grains que verdit la chlorophylle.

ORGANES ELEMENTAIRES. 31

clans ses formes, en dissolvant le sel par un réactif qui n'attaque pas le tissu. Sans l’emploi de ce moyen, le tissu organique qui enveloppe le cristal échappe à la vue par la ténuité de ses membranes appliquées intimement sur les surfaces cristallines.

Quelquefois une même cellule ne contient qu'un seul cristal ou qu'un petit nombre de cristaux, et alors leur volume, assez considérable, permet de déterminer nettement leur forme. Mais, plus souvent, ils y sont réunis en grande quantité, et leur petitesse rend leur détermination fort difficile et incertaine. Alors, en général, ils se groupent suivant doux dispositions différentes, ou en rayonnant d un centre commun, ou parallèlement les uns aux autres. Dans le premier cas, ils sont ordinairement plus gros et plus courts, et leur agglomération figure une sorte de noyau sphérique ou ovoïde tout hérissé de. pointes [Juj. (H, 65) ; dans le second cas, ils ont l'apparence d'un faisceau de fines aiguilles (ftg. 66, 67), que l’examen microscopique fait généralement reconnaître pour de longs prismes à quatre faces terminés à chaque extrémité par une pyramide. Cesont ces aiguilles qui, prises d'abord pour un organe végétal, une sorte de poil, avaient reçu le nom de raphides.

Page 1