‹ BotaniqueChapitre 12 sur 206 · OS · texte numérisé non relu

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cellules contenant des faisceaux de raphides ,• ,■

On a décrit quelquefois les cristaux, et surtout les raphides, comme placés dans les méats ou les lacunes hors des cellules. Cette erreur peut provenir de plusieurs causes : la plus fréquente et la plus naturelle est la dispersion de ces corps par l'effet même de la dissection , qui demande bien du soin et de l'adresse pour ne pas déchirer les parois des cellules ; souvent l'instrument pénètre dans celles-ci, dissocie les raphides et les transporte au hasard dans les cavités voisines. Mais lors même qu'on a ménagé le tissu, on a cru voir quelcfhefois le faisceau des raphides faisant saillie dans une lacune ou l’occupant presque en entier. C'est que les cellules où se forment ainsi les cristaux prennent souvent un développement tout a fait disproportionné, au point que leur cavité simule une lacune ( fig. 07) , ou que, situées sur la paroi d’une lacune véritable, elles font saillie dans l’intérieur de celle-ci [fig. 68), qui paraît alors elle-même contenir les cristaux. Jusqu’ici on n’a donc vu ceux-ci que dans l'intérieur des cellules. Ils peuvent s’y rencontrer avec quelqu’une des matières que nous avons décrites précédemment, mais ordinairement ils semblent les exclure et la cavité qui les contient ne montre pas à côté d'eux d’autres corps solides.

On trouve quelquefois hors des cellules, dans les méats ou les lacunes, une matière minérale que constitue la silice , soit seule , soit combinée à l’état d'acide ; mais alors elle est en masses irrégulières. C’est là l'origine des corps qu’on a nommes tnbaslvir.

§ 24. Nous avons vu à l'intérieur des cellules ou dans leurs intervalles les matières solides ou molles suspendues dans un liquide, et ce n’est qu'à l'état de solution que leurs éléments ont pu être charriés et transportés dans ces cavités diverses, ou qu’elles peuvent en être emportées plus tard. Ce liquide est la sève. Les matières qu’il tient en dissolution sont la dextrine, diverses espèces de gommes et de sucres : mais on ne peut les distinguer à cause de leur transparence qui est celle de l'eau. La chimie jusqu a présent n’a pas indiqué de réactifs propres à faire reconnaître leur nature par les modifications qu'ils leur imprimeraient. La physique plus heureuse, grâce aux ingénieux et savants travaux de M. Biol, a trouvé dans la diversité de leurs propriétés optiques un moyen de les révéler au milieu du liquide limpide qui , suivant la matière cm dissolution, fait dévier en sens différents et à divers degrés les plans de polarisation des rayons lumineux qui le traversent.

Les cavités peuvent contenir d'autres liquides qui, différents de l’eau parleur couleur ou leur densité, n échappent pas a 1 observation immédiate. Ceux-là ne sont pas disséminés comme la sève dans la généralité des tissus, mais concentrés ordinairement dans certains points du végétal. Tel'es sont, des matières colorantes, celles-

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qui colorent les tissus en bleu, rouge ou violet, et qui s'y trouvent, dnns les cellules, à l'état de solution, à très peu d’exceptions près: telles sont les huiles, tantôt remplissant la cavité tout entière, comme les huiles essentielles , tantôt disséminées sous forme de gouttelettes dans un autre fluide, forme sous laquelle se présentent le plus ordinairement les huiles fixes. Les premières remplissent d'autres fois des lacunes , où elles tiennent quelquefois des résines en dissolution , et l'on observe aussi certaines gommes dans ces réservoirs intercellulaires.

§ 24 bis. Les gaz peuvent se rencontrer également dans des lacunes , soit vers la surface de la plante , soit enfoncées assez profondément : c'est un cas assez général dans les plantes aquatiques. On les trouve encore dans les méats et à une certaine époque dans un grand nombre de vaisseaux.

§ 24 1er. Nous avons vu, par tout ce qui précède, que des substances de nature et de consistance différentes remplissent les cavités des différents organes dont le végétal est composé, non pas indifféremment, mais localisées dans tel ou tel de ces organes. 11 ne faut pas néanmoins s'attendre à trouver constamment le même organe rempli de la même matière ; le mouvement de la vie y amène des changements presque continuels , et ce n’est que lorsqu'elle est suspendue ou éteinte qu’il s'y établit un état fixe permanent. La cellule qui verdit à faction de la lumière était incolore auparavant , et, en vieillissant , elle prendra des teintes tout à fait différentes; avant do se remplir de granules solides, elle était gonflée de liquide seulement ; ce n'est que plus tard qu’elle contient des cristaux ; les vaisseaux qui charrient la sève à une certaine saison, ne contiennent que de l’air pendant les autres. Un examen fait a une seule époque ne donnerait donc, que de fausses lumières sur les fonctions de tous ces organes qu'il faut étudier dans toutes les phases de leur vie ; et c’est sans doute parce que les observa tions ont été ainsi morcelées que les opinions a ce sujet présentent autant de divergences.

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