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SYSTÈMES ET MÉTHODES

§ îiOo. 11 fallut alors lui venir en aide en établissant un certain ordre dans cet amas confus, et, de même qu’on avait naturellement réuni d’abord en une espèce tous les individus semblables entre eux, on chercha, pour les réunir sous un même nom et sous une définition commune, toutes les espèces qui offraient entre elles une certaine ressemblance manquant aux autres. C’est ainsi que de plusieurs de ces unités nommées espèces , on composa des unités d’un ordre plus élevé auxquelles on donna le nom de genre ( genus ). Ce rapprochement de plusieurs espèces en un groupe est une opération naturelle de l’esprit, quoiqu'il un moindre degré que celui des individus. Les auteurs anciens en fournissent çà et là des exemples , et les noms que des pouples étrangers-aux sciences et même à demi sauvages donnent aux végétaux pour lesquels leur langue a des noms prouvent souvent, par la désinence commune de quelques uns d’entre eux, le sentiment d'un rapport entre les objets qu’ils servent à désigner. Dq pareils genres pèchent sans doute fréquemment contre nos règles actuelles, ainsi que ceux qui résultaient des premiers essais des botanistes ; mais c’était déjà beaucoup d’établir des règles quelconques, de reconnaître des rapports, et, parmi les caractères spécifiques , d'en élever plusieurs à un degré supérieur comme communs à un certain nombre d'espèces, comme génériques.

§ 0O6. Système» et méthodes. — Les genres devaient se mul» liplier en même temps que les espèces, et leur multiplication faire sentir la nécessité do divisions nouvelles dont chacune réunît un nombre limité de cos genres semblables entre eux par quelques caractères plus généraux. Cette nouvelle opération diminuait notablement la fatigue et la difficulté des recherches en les circonscrivant : qu’il s'agit, soit de trouver un genre déjà connu, soit d’assigner une place à un genre nouveau, ce n était plus à l’universalité des plantes qu il était nécessaire de le comparer, mais leur majorité se trouvait exclue rlo la comparaison dès qu’on avait reconnu los caractères généraux par losquels la plante étudiée se rattachait à fol groupe ou à tel autre; et l’opération ainsi divisée, bornée définitivement h 1 élude d'un nombro beaucoup plus petit do genres, devenait beaucoup plus simple et on même temps plus sûre. L’utilité évidente de ces divisions en augmenta le nombre ; les plus générales furent divisées a leur tour, puis celles-ci subdivisées, et l'on obtint ainsi une suite do groupes subordonnés au-dessus dos genres et des espèces, dernier terme do la classification.

On a souvent compare cctto organisation a celle des armées. Une troupe peu nombreuse peut marchor sans chefs et sans ordre, dont le besoin se fait sentir si elle lo devient davantage ; on réunit alors les soldats par escouades, par compagnies, par bataillons ; les grandes

armées ont leurs corps, leurs divisions, leurs régiments; les cadres s’élargissent dans la même proportion qu'elles grandissent ellesmêmes, et de celte manière des masses énormes peuvent se mouvoir avec ordre , se manier avec facilité, et la place du moindre soldat bien déterminée permet d’arriver jusqu’à lui, tandis qu’il serait introuvable sans ce classement.

Ainsi sont nés les systèmes et les méthodes en histoire naturelle. 11 est difficile d'établir nettement la distinction entre les classifications désignées par ces deux noms différents. On définit, il est vrai, ordinairement, les premiers comme n’employant que des caractères tirés exclusivement d’un seul organe , les secondes comme se servant de plusieurs organes a la fois. Mais l’étude de la plupart des systèmes nous les montre toujours fondés sur l’emploi de plusieurs organes, aussi bien que les méthodes ; et, d’une autre part, celles-ci en font généralement prévaloir un sur les autres. Nous nous servirons donc à peu près indifféremment de ces deux mots.

§ 507. Les plus anciens auteurs de traités sur les plantes partageaient déjà en plusieurs catégories le petit nombre de celles qu’ils mentionnaient, mais seulement d’après leur aspect général et surtout d’après leurs propriétés. A mesure qu'ils en étendirent le nombre et qu'ils pénétrèrent plus avant dans l’étude des plantes ellesmêmes, ils cherchèrent dans leurs caractères les fondements de leur division : et sous ce rapport on doit citer Césalpin, qui, dès la fin du seizième siècle, faisait entrer dans sa classification des considérations tirées du fruit et de la graine. Nous ne nous arrêterons pas sur ces essais assez nombreux, parce que parmi tous ces auteurs, chacun, inventant sa propre méthode et ne l’appliquant qu'à une faible partie des végétaux, n’était pas suivi par d'autres, et que, faire l’histoiro de tous ces systèmes isolés, ce serait presque passer en revue tous les ouvrages publiés pendant une longue suite d’années. Au reste, ceux qui voudront s’en faire une idée les trouveront résumés dans des livres plus modernes (1), notamment dans Y Introduction des familles des piaules, par Adanson, et dans les Classes plnntarum de Linné; et leur intelligence n’offrira aucune difficulté si l’on a présentes à l’esprit les notions que nous avons données sur les organes divers et sur leurs principales modifications.

$ 508. Système et nomenclature «le Linné. — Le système de Linné, publié en 1734 , fit abandonner généralement tous ceux qui l’avaient précédé. 11 offrait un grand attrait de nouveauté on se basant sur les organes de la fécondation, négligés jusqu alors, et

(1) Nohs avons nous-méme fail une exposition îles elassificnlioiis ljolaiiii|iics pln> romiilète, en ce qu'elle les résume toulo» jusqu'à noire époque, à l'arlicle Taxonomik «tu Dictionnaire universel d'histoire naturelle , l. MI, 1818

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