HÉPATIQUES
sont sur un seul cercle ou sur deux : d'où l'on dit le péristome simple ou double. Il est bien remarquable qu elles sont en nombre constant dans une espèce donnée et toujours multiple de 4, savoir 4, 8, 16, 32, 64. Leur texture éminemment hygrométrique détermine suivant les variations de l’état de l'atmosphère des mouvements variés, d'où résulte le détachement de l'opercule d’abord , puis la dispersion des spores. Rarement le péristome est formé par une membrane étendue horizontalement, ou épiphragme. La cavité sporifère n’occupe pas tout le renflement de la capsule dont la partie inférieure, souvent pleine, prend le nom A'apophyse (fig. 473 a).
La spore en germant émet des prolongements tubuleux qui, se divisant par des cloisons transversales, s'allongent et se ramifient à la manière des conferves (§ 246, 1°), dont cet ensemble de filets, qu'on désigne par 1 épithète de proembryonaires, offre toute l’apparence. Après quelle a végété quelque temps à ce premier état confervoïde , qu'on pourrait comparer au mycélium des Champignons, la cellule initiale qui constituait la spore et quelques unes des cellules terminales des filets se divisent par des cloisons obliques ou longitudinales, et il en résulte autant de petits corps celluleux destinés chacun à former un axe qui émettra à sa base des racines adventives, sur son contour des feuilles, et plus haut enfin les organes reproducteurs. C’est le second état de la mousse, sa forme définitive sous laquelle elle est généralement connue et décrite.
Les mousses ne sécrètent aucun produit remarquable et ne servent à aucun usage économique qui ait assez d'importance pour être mentionné ici, et cependant elles paraissent en avoir un considérable par le rôle qui leur est assigné dans I ensemble de la végétation. Elles couvrent la terre d’un tapis épais qui , y entretenant la fraîcheur et augmentant par ses détritus l’épaisseur de la couche végétale, permet à d’autres plantes do s’y établir et d’y. prospérer. Nous avons vu (§ 6, / Uj . 31 ) que plusieurs offrent un système particulier do cellules poreuses dont la réunion constitue des sortes d’éponges propres à absorber l’eau qui, portée ainsi au contact de l’air, s’évapore incessamment. Ce sont principalement les Spluujnum qui peuvent de cette manière convertir les terrains inondés en tourbières, et contribuer puissamment à leur dessèchement graduel et à leur solidification.
§ 548. Hépatiques ( llepaticw) . — Elles forment avec les Mousses une classe naturelle, présentant comme elles un tissu vert coloré en dedans par la chlorophylle, percé à sa surfaco de stomates ; comme elles aussi, deux sortes d’organes reproducteurs, des anthéridies et des sporanges (/h/. 450) assez analogues par leurs formes. Cependant ces sporanges n’offrent ni columelle, ni opercule, ni dents, cl
contiennent au dedans deux sortes d'ulricules : 1° les uns qui renferment les spores formées dans leur intérieur tout à fait a la manière des grains polliniques, et qui, résorbés peu à peu, finissent par laisser ces spores libres dans la cavité du sporange ; 2° les autres, plus longs, renfermant seulement quelques grains verts, et
finissant par se découper en autant de lanières spirales [fiçj. 475 e) très hygrométriques, servant par leurs mouvements à disperser les spores, et qu’on a nommées élalères.
Les Hépatiques n’ont pas toujours des feuilles {/ig. 474) comme les Mousses , mais sont quelquefois réduites comme les Lichens à des lames ou expansions herbacées nommées frondes, dans l’épaisseur desquelles peuvent être plongés les sporanges {fig. 452, 'I ) , qui dans d’autres s’élèvent en dehors sur un pédicule, première ébauche de l’axe.
§ 519. Fougères ( Filices ). — Nous nous sommes déjà occupés des caractères de la végétation de ce grand groupe de végétaux acotylédonés, de ses tiges (§§ 86-91 ) qui, dans les espèces de nos climats tempérés, marchent sous la terre, mais qui, dans beaucoup de celles des régions tropicales, se dressent en un tronc perpendiculaire {fig. 103) ; de ses racines toutes advontives (§ I 02) ; de ses feuilles (§ 132) quelquefois entières, mais souvent extrêmement divisées. Ces feuilles présentent ce caractère constant, qu’avant leur développement elles se roulent en crosse et en dedans, non seulement le limbe général sur le pétiole commun, mais tous les lobes (qu’on nomme des pinnules) sur les pétioles partiels, de manière que, dans ce jeune âge, la face supérieure se trouve toujours cachée. Nous avons enfin dit un mot(§ 172) des poils particuliers scarieux, c’est-à-dire dilatés on écailles ou membranes, qui sont dispersés en grande abondance à la surface des diverses parties : ils fournissent
474. Un fragment de Jongermatino ( Jungermannia tamarisci). — /‘Rameaux cou— verls tle feuilles imbriquées , distiques , les deux latéraux portant chacun une capsule exhaussée sur un (ilôt qu'environna à sa base un involucro formé par l'enveloppe membraneuse de l'archégone. — c Capsule fermée. — c' Capsule ouverte.
475. Un point r du réceptacle portant quelques élalères e dont un déjà découpé en double (il spiral. On voit aux environs des spores libres