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INFLUENCE DES LATITUDES

juxlatropicale, nous montre la transition de la végétation tropicale a celle des climats essentiellement tempérés. On y observe encore beaucoup des plantes et des formes que nous avons précédemment énumérées, mais bien plus clair-semées , et mêlées en grande proportion à celles de notre pays. Les Palmiers , les grandes Monocotijlédonées et les Fougères en arbre, s'v montrent encore ; les Mèlastomacées y sont nombreuses; les Myrlacées, Laurinées , Diosrnêes, Pratéacées , Magnoliacées, y acquièrent leur plus grand développement numérique. A côté , on y voit paraître des représentants des familles que nous avons à nommer dans la zone suivante, et naturellement dans une proportion croissante, à mesure qu'on s’approche de celle-ci ; on y trouve des genres européens , et môme un certain nombre d’espèces identiques. Ce mélange de productions bien di- • verses et la possibilité d’emprunter à la fois à des climats tout à fait différents la plupart de celles qui peuvent être utiles ou agréables à l'homme, placent cette zone dans des conditions particulièrement favorables ; aussi comprend-elle les pays que le genre humain a les premiers habités, et ces îles que les anciens décoraient du nom de Fortunées.

§ 6 2 1 . La portion de la zone tempérée située en dehors de la précédente peut elle-même, d’une manière générale, être partagée sur chaque hémisphère en trois zones secondaires : une première , ou tempérée chaude , parcourue par les isothermes de 1 ü à I 0 degrés ; une intermédiaire, ou tempérée froide , par celles de 10 à 5 degrés ; une dernière, par celle de ü à 0 degré. Celle-ci ne mérite pas le nom de tempérée, el peut prendre celui de sous-arctique à cause du voisinage du cercle polaire, dont elle se rapproche, au delà duquel elle s avance même sur un petit nombre de points, ceux qui correspondent aux rivages occidentaux de l’Europe et de l’Amérique , tandis <pie, sur tout le reste des continents, elle rosie plus ou moins en deçà. Paris, où la température moyenne est de 10", 8; Londres, ou elle est de 10", 4 ; Vienne, où elle est de 10°, 1 , sont, à peu près situés sur la limite commune des deux premières.

§ 022. Enfin nous trouvons la zone polaire ou glaciale dans laquelle la végétation, de plus en plus appauvrie, no tarde pas à disparaître entièrement.

S 623. Si nous n avons pas dessiné tout do suite les principaux Irails qui caractérisent les végétal ions de ces différentes zones tempérées et froides, cest quon peut les saisir au moyen d’une autre considération que nous avons laissée de côté jusqu’ici. En effet, nous n avons pan encore tenu compte d une autre cause qui influe puissamment -ni I inégalé distribution do la chaleur a la surface de la terre

niveau, celui de la nier. Mais chacun sait qu’il en est autrement, et. que le relief de cette surface est loin d’être égal sur une partie de son étendue, mais exhaussé en plateaux sur plusieurs étages, et hérissé de montagnes qui forment des chaînes plus ou moins longues que dominent des sommets encore plus élevés de distance en distance. Or, à mesure qu’on s’élève, on trouve que la température s’abaisse, et dans une proportion telle qu’une ascension de quelque., heures suffit pour vous faire passer par tous les degrés de température décroissante. Une très haute montagne , située sous la ligne, et couverte, à son sommet, de neiges éternelles, comme l’est par exemple le Chimborazo dans la grande Cordillière des Andes, représente donc, dans un espace très borné, tous les changements quen éprouverait dans une succession plus lente si l’on allait de l’équateur au pôle.

Si la loi suivant laquelle la chaleur décroît de l’équateur au pôle est variable suivant les divers méridiens, celle suivant laquelle elle décroît à mesure qu’on s'élève en hauteur paraît, de son côté, varier, suivant diverses circonstances, comme la saison, l’heure du jour, l'inclinaison et l’exposition de la pente. Le décroissement est plus lent l’hiver, la nuit, sur une pente très douce ou sur les plateaux. Une différence de 200 mètres, plus ou moins , suivant ces circonstances, donne en moyenne un degré de différence dans la température, à peu près comme le donnerait un intervalle de deux degrés en latitude. À une certaine hauteur , le froid doit être tel que la chaleur des jours d été ne puisse suffire à dissoudre les glaces formées pendant le reste de l’année; et là commence la limite des neiges éternelles, limite nécessairement d’autant moins élevée que le climat est moins chaud à la base de la montagne, ou, en d autres termes, qu'elle se rapproche plus des pôles, et qui, à une certaine distance (le ceux-ci, vers 75 degrés, se trouve, après s être abaissée graduellement, descendre jusqu'au niveau do la mer. Ainsi, cette limite se trouve à près de 5,000 mètres dans les Lordillières entre le; tropiques, à 2,700 dans nos Alpes, au-dessous de 1,000 en Islande. Les glaciers sont des prolongements qui descendent plus bas qu elle, suivant les accidents du terrain , et marquent la voie naturelle assignée à l’écoulement des neiges et des eaux qui proviennent de

leur fonte.

La végétation suivie depuis la base jusqu au sommet de la montagne présentera des modifications analogues , une succession do zones comparables à celles que nous avons indiquées en marchant, de l’équateur au pôle. Au pied d une montagne située précisément sous l’équateur, nous trouverons la végétation de la zone équatoriale: n une hauteur de (500 à 1,200 mètres, celle de la zone tropicale:

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