‹ BotaniqueChapitre 20 sur 206 · TIGE DES PLANTES DICOTYLÉDONÉES · texte numérisé non relu

TIGE DES PLANTES DICOTYLÉDONÉES

§ 48. Dans 1 embryon la petite tige était, connue toutes très parties, entièrement formée par du tissu cellulaire. Pendant la germination, un peu plus tôt , un peu plus tard, quel- ,.

ques cellules commencent à s’allonger en fibres, à s'organi-

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ser en vaisseaux , et on les voit , en se multipliant, se grouper en plusieurs faisceaux ( /i;/. 8(> /’/ qui , considérés cm

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sont disposés régulièrement en un cercle. Celui-ci entoure un cercle central entièrement cellulaire, qui est la moelle (m), est entouré luimême d'une zone extérieure cellulaire aussi, et qui appartiendra à l'écorce ; et les faisceaux sont séparés l'un de l'autre par des bandes (;•) de tissu cellulaire qui établissent la communication entre celui de la moelle et celui de l’écorce, bandes qui sont les premiers rayons médullaires.

§ 49. Dans le principe, ces rayons, en nombre nécessairement égal à celui des faisceaux, étaient fort larges. Un peu plus tard ils sont plus étroits et plus nombreux, parce qu’il s’est développé dans leur épaisseur (fîy . 87) de nouveaux faisceaux {/” f) qui se sont interposés aux premiers [f f). Après quelque temps, les faisceaux sont assez multipliés et rapprochés pour former un cercle continu que les rayons médullaires traversent sous la forme de lignes très fines. La tige se présente alors comme composée de dedans en dehors par : 1° le parenchyme de la moelle; 2° le cercle fibro-vasculairo ; 3° le parenchyme cortical ; 4° l'épiderme.

§ 50. La tige des plantes dites herbacées, celles qui ne vivent qu’une année, s’arrête en général à ce ternie, ou même à l’un des états précédents. La proportion de la moelle et des rayons médullaires y est ordinairement très grande par rapport à la partie fibrovasculaire.

§ 51. La tige des plantes ligneuses, celles qui vivent plusieurs années, subit des changements ultérieurs. Mais jusque-là elle était comparable à celle des plantes annuelles : elle était à l'état herbacé, et offrait la même proportion dans ses parties , si ce n’est que le cercle fibro-vasculaire y est de bonne heure plus complet et plus solide. Un rameau d’une année pris sur l'un de nos arbres est donc très bon pour suivre tous les changements successifs exposés précédemment. Ce rameau croit par le haut, de manière que sa base est la portion la plus anciennement formée tandis que le sommet l'est encore à peine. Ainsi, ses différentes hauteurs présentent les mêmes différences qu'offriraient plusieurs tiges de la même plante a diverses époques de développement, depuis celle qui est encore a 1 état embryonnaire, que représente le sommet du rameau, jusqu a celle qui a achevé sa croissance de l’année, et que représente la base. En comparant de très minces tranches horizontales coupées à diverses hauteurs de ce rameau, on constatera donc très facilement et très promptement tous les changements qui s’opèrent dans un an de la vied une tige; cl l’état de la base servira à son tour do point de départ par la comparaison avec les modifications. que doit amener 1 année suivante, ou, en d’autres termes, qu'on doit observer sur une branche de deuxième année.

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§ 52. Maintenant recherchons plus en détail les éléments dont se compose cette tige de l’année; et, comme un exemple rendra cet examen plus clair et plus net , prenons un rameau d’Érable commun, et décrivons toutes ces parties de dedans en dehors en les grossissant assez pour bien déterminer la nature de tous les organes élémentaires qui les composent.

Coupons une petite tranche horizontale très mince vers le haut du rameau, là où il offre à peu près I millimètre 1/2 de diamètre (fuj. 88'. Son contour est circulaire ou se rapproche d'un hexagone.

La moelle [fi g. 88 m) située à son centre atteint la moitié du diamètre total, ou môme davantage. Au milieu elle est formée de cellules grandes , lâchement unies, transparentes, dodécaédriques ou sphéroïdales ; vers la circonférence , les cellules vont en diminuant progressivement (fig. 89 m) et en se colorant en vert, de sorte que le contour de la moelle présente une zone d'un vert assez foncé et d’un tissu lin et serré, zone de laquelle partent les rayons médullaires (rm) de môme couleur, qui divisent en un très grand nombre de faisceaux la zone tibro-vasculairo que nous trouvons en dehors de la

RR. Tranche horizon IîiIcj d’un jeune ranioau fin l'Erable commun ( Avcv campcstrc) , vue à un grossissement lel que son diamètre soit vingt-six .fois jilus grand que dans la nature. — ni Moelle. — cm Kl ni médullaire. — fb Faisceaux du bois. — vp Vaisseaux pondues. — vm Hayons médullaires, — c Cambium. — fc l ibres corticales. — vl Vaisseaux laticileres. — ce Knveloppe cellulaire. p Enveloppe subéreuse. cp Epiderme.

Rîj. Tranche verticale du mémo rameau, menée parallèlement suivant le diamètre au milieu d’un des faisceaux ligneux, et encore plus grosse que la précédente.— I Trachées.

Toutes les autres lettres ont la même signification que dans la ligure qui précède.

moelle, et qui lui est concentrique. Ces faisceaux ifb) se distinguent d'elle par un tissu beaucoup plus compacte.

Ils ont chacun la forme d’un coin émoussé. En regardant la tranche horizontale, on devine déjà qu’ils doivent se composer d'éléments divers, puisqu'on voit, au milieu d'un tissu compacte, criblé de petits trous, d autres ouvertures beaucoup plus larges et béantes. Si l’on cherche à déterminer les parties en les regardant sous un fort grossissement, soit par transparence sur une tranche verticale extrêmement mince, soit après les avoir détachées l'une de l'autre avec le bout d une aiguille très aiguë , on reconnaît que les grandes ouvertures appartiennent à des vaisseaux [fig. 89 vp) ; que le reste du tissu, qui paraissait presque plein, est formé par des fibres ( fl ) de moyenne longueur dont les parois sont assez épaisses, et par suite le canal intérieur assez tin pour que leurs ouvertures ne se montrent plus que sous l'apparence de petits points. Elles sont la plupart arrangées par séries divergeant du centre médullaire comme les rayons. Les vaisseaux ne sont pas tous du même ordre; les plus gros et les plus extérieurs sont des tubes ponctués [vp], tandis quimmédiatement en contact avec la moelle sont des trachées déroulables (f). Elles occupent toujours celte place dans la tige et jamais aucune autre. Ce sont elles qui parmi les vaisseaux se sont formées les premières. Cet ensemble de trachées et de fibres, les premières parties formées du bois et celles qui embrassent immédiatement la moelle, ont reçu le nom à' étui médullaire ftg. 88 em).

§ 53. En dehors de chaque faisceau fibro-vasculaire , on aperçoit sur la coupe horizontale un autre amas de fibres [fig. 88 et 89 je) d’un blanc plus mat,' réunies en forme d’un croissant tournant sa convexité en dehbrs. Ce croissant est séparé du reste du faisceau par une zone de tissu cellulaire verdâtre (c). Cette zone mérite de fixer notre attention, car c’est elle qui sépare l’écorce du bois et qui devient plus tard le siège de la formation de couches nouvelles desquelles résulte l’accroissement de la tige en épaisseur. Ces fibres, qu’elle sépare du bois, sont les fibres corticales, plus longues, plus tenaces que les ligneuses,

Au moment où l’on coupe la branche d' Erable, on en voit suinter un liquide blanchâtre et laiteux. C’est de l’écorce qu’il sort, immédiatement en dehors du faisceau des fibres corticales ; et, en effet, l'examen microscopique fait découvrir là un système de vaisseaux propres ou laticifèrcs (fig. 88 et 89, vlj.

Plus en dehors noiis ne trouvons plus que des cellules dont I ensemble forme le parenchyme cortical. 11 est revêtu d'une pellicule rougeâtre: c’est l’épiderme M, composé d'une seule rangée de cellules, et couvert sur toute sa surface d un petit duvet fin et blan*

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châtre. Nous avons indiqué déjà la formation de ces poils, qui ne sont eux-mêmes que des cellules de l’épiderme modifiées dans leur forme.

Sous lui nous trouvons plusieurs rangées de cellules cubiques ou allongées comme celles des rayons dans le sens horizontal [fig. 89 p ), un peu différentes par leur forme et leur couleur de celles de l’épiderme. Les plus extérieures participent encore un peu à sa teinte rougeâtre ; les plus intérieures sont plutôt brunes. Les rangées sont disposées par couches régulières l’une en dedans de l’autre. En dedans de la zone brunâtre s'en trouve une autre verte [fig. 88 et 9 I ec) formée par des cellules remplies de chlorophylle. Celles-ci ne se distinguent pas seulement par leur couleur, mais par leur forme plus arrondie ou polyédrique- Elles sont aussi disposées moins régulièrement, et non en rangées emboîtées par couches concentriques. Nous voyons donc que dans le parenchyme cortical on peut reconnaître deux systèmes : l'extérieur, à cellules rectangulaires et brunâtres, que M. Mohl a nommé couche ou enveloppe subéreuse (p) ; 1 intérieur, de couleur verte , qui a conservé le nom d'enveloppe cellulaire (ec), sous lequel on confondait autrefois l'ensemble de ces couches de nature différente.

C'est dans l’enveloppe cellulaire verte qu'on voit aboutir les rayons médullaires (rm) qui ont eux-mêmes cette couleur. Ils sont formés chacun par une ou plusieurs rangées de cellules qui, pressées entre les faisceaux ligneux, ne tardent pas à se comprimer en s’allongeant dans le sens mémo du rayon, et a former par leur réunion des lames minces. On a quelquefois jdonné le nom de mûri forme au tissu do ces lames, en les comparant à un mur dont les cellules aplaties et placées par couches les unes au-dessus des autres figureraient les pierres [fig. 94, rm).

§ 34 Un rameau d'une année que nous avons examiné dans l'Érable commun , mais qui, pris dans la plupart do nos autres arbres dicotylédonés, nous aurait fait voir les mêmes parties, seulement dans des proportions et avec des formes plus ou moins différentes, présente donc d'abord deux systèmes bien distincts : l’un intérieur, le ligneux; 1 autre extérieur, le cortical, séparés l’un de l’autre par une zone celluleuse.

Le système ligneux se compose lui-même delà moelle au centre, et d'une zone extérieure de faisceaux fibro-vasculaires que forment : 1° au dedans, les trachées développées les premières et immédiatement appliquées sur la moelle, autour de laquelle elles constituent, avec quelques fibres entremêlées, l'étui médullaire ; 2" plus en dehors, des amas de fibres entremêlées de vaisseaux spiraux d’un autre Ordre

r’2 BOTANIQUE.

Le système cortical se compose sous l’épiderme de trois couches distinctes : les deux extérieures cellulaires, l'enveloppe subéreuse et l’enveloppe cellulaire proprement dite , sur la limite de laquelle se distribuent des vaisseaux lalicifères; l’intérieure fibreuse, dans laquelle ces mêmes vaisseaux s’entremêlent aussi.

Comparons toutes ces parties ainsi déterminées dans un rameau de seconde année [fig. 9 (U.

Au printemps, la petite zone cellulaire que nous avons vue interposée entre les systèmes ligneux et cortical , no se montrait que beaucoup plus étroite et comme n i rerhplie d une gelée presque cou-

lante. Cette gelée s'épaissit graduellement, et les observateurs habiles s’accordent à y reconnaître l'organisation d'un tissu cellulaire naissant, quoiqu’on remontant toujours plus haut pour déterminer son mode de formation, ils soient entraînés dans quelques dissidences, qu’on comprend facilement quand il s’agit de déterminer des parties d’une excessive ténuité et encore presque fluides. Quoi qu'il en soit , c'est dans ce tissu que se montreront plus tard tous les développements d'organes élémentaires analogues à ceux que nous avons trouvés dans le rameau d’uni

90. Tranche verticale d'nn rameau île deuxième année, pris sur l'Érable commun, dans lequel 1 . 1 indiquent les portions formées la première année , 2 les perlions formées la seconde. — Tonies les lettres ont la même signification que dans les figures RS et 81).

91. Quelques parties de la figure précédente plus grossies, de manière à faire mieux voir leur structure : par exemple, les ponclunlions des fibres ligneuses, — Les lettres ont toujours la même signification,

an ; de là vient le nom de cambium, qu on lui a donné en lui assignant la propriété de se transformer en tous ces organes divers.

On voit en effet , au bout de quelque temps , que dans cet intervalle se sont formées deux zones nouvelles [fig. 90, 2), l’une corticale (/c), l'autre ligneuse [fl), ordinairement semblables aux zones de première année, sur lesquelles elles s’appliquent et se moulent pour ainsi dire : la corticale, composée de fibres, comme la couche la plus interne de l’écorce, avec laquelle elle est en rapport ; la ligneuse , do fibres et de vaisseaux spiraux , comme la parLio extérieure du faisceau fibro-vasculaire auquel elle se juxtapose; car elle no participe pas à la nature de sa partie intérieure ou de l'étui médullaire ; on n v trouve jamais de trachées. La portion de la zone de cambium, qui correspondait aux rayons cellulaires, s’organise aussi comme le tissu antérieur avec lequel elle est en rapport, et reste cellulaire; de sorte que le rayon se continue sans interruption et sans modification à travers les couches nouvelles.

Ce qui s’est passé cette seconde année se renouvelle la troisième et toutes les années suivantes. Chacune, entre le bois et l’écorce précédemment formés, produit elle-même à son tour sa couche de bois et sa couche d’écorce ; et, ainsi au bout de quelques années, on a un certain nombre do couches concentriques et d’écorce et de bois. Les couches ligneuses se voient nettement, et forment par leur ensemble presque toute l’épaisseur de la branche ; tandis que les corticales, extrêmement minces, ne composent qu'une zone assez mince elle-même et où elles ne se distinguent pas bien l’une do l'autre.

§ 36. Ces changements que nous voyons s’opérer dans une branche d’ Erable, nous les aurions vus également, avec quelques modifications, dans la plupart des autres arbres de nos climats; et cet examen d'un exemple particulier peut jusqu’à un certain point tenir lieu de celui des tiges dicotylédonées en général. Complétons néanmoins les notions auxquelles nous avons dû nous borner d’abord ; et. reprenant successivement les parties que nous avons appris à distinguer dans la tige d’un seul de nos arbres, recherchons maintenant comment elles peuvent varier dans les autres.

Nous considérerons successivement lo système ligneux et lo sys~ tème cortical : dans le premier, la moelle, le bois et les rayons médullaires ; dans le second, les couches fibreuses et les deux couches cellulaires.

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