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ARRANGEMENT DES FEUILLES SUR LA TIGE

§ 133. Les feuilles peuvent se présenter sur l'axe commun qui les porte disposées de diverses manières. On les appelle caulinaires et raméales , suivant qu elles sont portées par la tige ou par les rameaux. Quelquefois, au lieu de se montrer à diverses hauteurs sur la tige, elles sont toutes ramassées en bas vers le collet; on les nomme alors radicales , quoiqu'elles ne dépendent nullement de la racine, mais qu’elles soient seulement dans son voisinage (exemple, les Primevères, etc.).

Plus fréquemment elles sont situées sur l’axe de distance en distance. On appelle nœuds ces points de la tige diversement étagés où naissent les feuilles ( fuj . 142 n)\ entre-nœuds ou mérithalles ( fij . 142 m), les intervalles nus qui se trouvent entre un de ces points et celui qui est situé soit au-dessus, soit au-dessous. Tantôt un nœud porte deux ou plusieurs feuilles naissant par conséquent à la même hauteur, tantôt chacun n’en porte qu'une seule.

Nous examinerons ces deux cas successivement.

§ 134. Feuilles opposées. — Si à chaque nœud il y a seulement deux feuilles situées l’une vis-à-vis de l'autre, on dit qu’elles sont opposées [fuj. 1 30) ; s'il y en a un plus grand nombre, qu'elles sont vcrlicillées [fuj. I 40), et l’ensemble de ces feuilles ainsi groupées en cercle automde la lige est un verlicille. Une loi prescjuc générale, c'est que les feuilles d'un verlicille ne so placent pas au-dessus de celles du verlicille inférieur, mais dans leur intervalle, ou, en d'autres termes, les fouilles des deux verticilles successifs alternent toujours enlre elles.

I*riiil1cs (UVusséos, celles du l'imeltva dciussala.

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N fi BOTANIQUE.

Cesl le plus ordinairement exactement au milieu de l'intervalle de deux feuilles voisines d'un même verticille que vient se placer la leuille correspondante du verticille supérieur. Dans ce cas, si les*

feuilles sont opposées deux par deux, la paire supérieure croisera l'inférieure a angle droit. Cette disposition est appelée décussation , et les feuilles qui la présentent sont clécussées ( folia decussala [fi g. 139]). Quand il y a plus de deux feuilles à chaque nœud, on dit dans la description quelles sont verticillées par trois (fig. 1 40), quatre, cinq, etc. ( folia tcrnalim, qualernatim , guinatim, etc., verticillata). Il n’est pas rare devoir dans la même plante un de ces nombres se substituer à l’autre , comme on peut s’en assurer en comparant plusieurs pieds ou plusieurs branches de la Lysimachie vulgaire, du Laurier-rose, etc.

Dans un certain nombre de plantes, les feuilles d'un verticille ne se trouvent pas placées exactement au milieu de l’intervalle des deux correspondantes du verticille inférieur, mais se rapprochent plus de l’une que de l’autre : c’est ce qu’on peut vérifier, par exemple, dans plusieurs. Caryophy liées.

§ 135. Feuilles alternes. — Lorsque de chaque nœud il ne naît qu’une seule feuille, et que par conséquent elles se trouvent toutes à des hauteurs inégales, on dit que les feuilles sont alternes. Longtemps on s’est contenté de ce mot; on y substituait l'épithète éparses lorsque les feuilles semblaient dispersées sans aucun ordre; car on avait remarqué que, le plus souvent, une certaine régularité semblait présider à l'alternance des feuilles. Bonnet vit le premier qu’en faisant passer de bas en liant une ligne par les points successifs d’où partent des feuilles, cette ligne décrit une spirale autour de la lige; que ces feuilles sont, dans un rapport à peu près constant, séparées chacune de la suivante par une partie égale de la circonférence de la lige, de manière que, si l'on en trouve une placée verticalement au-dessus d’une première feuille inférieure dont elle est séparée par un certain nombre de feuilles intermédiaires, la feuille suivante se placera au-dessus do la seconde, la suivante audessus de la troisième, et ainsi de suite. 11 avait signalé comme lo

•110. Feuilles du Lynmachia vulgaris, verlicillécs trois pnr trois. I.es vortirilles sont exactement superposés de deux en doux.

FEUILLES. PI1YLL0TAXH2. 117

cas le plus général celui où les feuilles reviennent, ainsi superposées, de 15 en 15 [fig. 141 ); de sorte que la Cr est on ligne droite au-dessus delà lre, la 4 4e au-dessus de la 6e, la 7e audessus de la 2e, la 1 2e audessus de la 7e, etc. 11 avait entrevu en même tempsqu’il y avait d'autres combinaisons plus compliquées , où , au lieu de la 6e feuille, c’était une autre plus élevée, la 9e, par exemple, qui venait se placer sur la mémo ligne verticale que la I re.

On a beaucoup étudié toutes ces combinaisons dans les temps modernes, et 1 on est parvenu à y découvrir des lois d’une précision presque mathématique. Nous ne les exposerons pas ici, nous contentant de constater cette disposition do toutes les feuilles alternes, suivant une ligne enroulée en spirale autour de la branche qui les porte : disposition que nous devons conserver toujours présente à l'esprit. Car, particulière aux feuilles, elle peut servir à les faire reconnaître dans les cas où leurs formes et leurs autres caractères extérieurs plus ou moins altérés pourraient induire en erreur; et toutes les fois que des organes se montrent situés en spirale régulière sur un axe, on ne doit pas hésiter à les admettre comme foliaires.

Si l'on prend une branche couverte d’un nombre suffisant de feuilles et régulièrement développée, c’est-à-dire bien droite, et si par tous les points d insertion de ce s feuilles, en suivant leur succession de bas en haut, et tournant toujours dans le même sens, on fait passer un fil ou une ligne tracée avec la pointe d'un couteau, on verra cette ligne dessiner autour de la branche uno spire, et l'on aura compté plusieurs tours de spire et un certain nombre de feuilles avant d'arriver à une qui se place directement au-dessus de celle qui a servi de point de départ. Le nombre de ces feuilles comptées

i\\ Fragment il’iinn brandie île Cerisier avec six feuilles, ilnnl la sixième vienl se placer verticalement au-dessus de la première apres deux leurs de spire. — On n figuré à cèle la branche prnssic et dépouillée de ses feuilles , en y dessinant la spirille sur Impielle un voit de dislmiee en dislariee les rirulrires inaripiiinl rluiruno l'insertion d'une feuille.

dans I intervalle de deux superposées sera, comme nous l avons dit, 5 ou 8. ou 13, 21, 34, 55, etc., ou encore davantage. Mais jusqu'à présent, dans la description des plantes, on ne tient pas compte de ces nombres, qui d ailleurs peuvent varier dans la même à diverses hauteurs, et , dans tous ces cas, on se contente de noter des feuilles alternes.

Il n en est pas de même de ceux où les feuilles reviennent l'une au-dessus de 1 autre à intervalles très rapprochés, par exemple, la

troisième au-dessus de la première, la quatrième au-dessus de la seconde. Lesfeuillessituées ainsi alternativement des deux côtés opposés de la tige sont dites distiques ( fuj. 142). Un cas beaucoup plus rare est celui où ces feuilles alternes sont tristiqnes , c’est-à-dire sur trois rangs le long de la branche , la quatrième venant directement au-dessus de la première (fig. 1 43).

§ 1 36. Nous avons jusqu’ici toujours supposé l'axe assez allongé et les nœuds d’où partent les feuilles assez écartés entre eux, puisqu'on les voit naître à des hauteurs dont la différence est nettement appréciable. Mais cela n’a pas toujours lieu, et quelquefois

1 12. Fragment d’une branche de Tilleul avec quatre feuilles distiques.

— On a figuré à côté un fragment de branche grossi, avec la spirale et les cicatrices marquant les points où s’insèrent les feuilles. — n Nœud.

— m Entre-nœud ou mérilhallo.

1 13. Jeune pied d’une espèce de Souclict ( Cyperus csnilenhm ) à feuilles tristiques, — A roté, un fragment de lige plus gros, avec la spirale et les cicatrices marquant l'insertion des feuilles.

FEUILLES. PllïLLOTAXlE. lit)

les nœuds sur un axe extrêmement raccourci se rapprochent lellement que toutes les feuilles semblent à peu près à la même hauteur. On appelle rosette celte disposition des feuilles rapprochées et posées les unes contre lesautres, dont on a des exemples à la based’un grand nombre de plantes herbacées, notamment de la Joubarbe. Dans une telle rosette (Jirj I 44), les parties sont d'autant plus extérieures que, sur l'axe allongé , elles seraient plus 7

bas ; et les plus intérieures représentent au contraire celles qui seraient le plus , haut.

g 137. Dans ces mêmes rosettes, la spirale générale doit disparaître en apparence ; mais on voit nettement les fouilles s’agencer m.

en un certain nombre de

spirales parallèles entre elles, et qu'011 nomme secondaires, résultant des rapports constants de disposition que chacune des feuilles doit avoir avec plusieurs autres. C’est ce qu’on peut seulement aper cevoir en jetant un coup d’œil sur les feuilles d'un Artichaut ou sur les écailles d’une pomme de Pin ou do Sapin.

§ 138. Les plantes monocotylédonées, dont les premières feuilles sont nécessairement alternes, conservent plus tard cette disposition. O11 en cite un très petit nombre à feuilles opposées ou verticillées ; mais, alors môme, il est facile de constater qu'elles ne naissent pas exactement à la môme hauteur.

Dans les dicotylédonées, les feuilles conservent souvent l’opposition qu'on observait déjà dans leurs cotylédons; souvent aussi elles la perdent, et ce changement s’opère , ou immédiatement dans les premières feuilles développées delà gemmule, ou peu à peu. Toutes les plantes de certaines familles offrent, salis exception, des feuilles opposées ou des feuilles alternes, et quelquefois même d’autres modifications secondaires. Ainsi toutes les Labiées ont des feuilles décussées; la plupart des Tiliacées, des feuilles distiques, etc.

On trouve aussi dans les acotylédonées des feuilles alternes et des

I IL Treize feuilles disposées en une rosello vue pnr en luinl. Sur l'axe 1res eouii A <|ui la porte, ori a dessiné cinq tours de spire et indique l'origine de chaque feuille.

feuilles opposées. Certaines Fougères arborescentes pourraient être citées comme offrant les verticilles les plus réguliers peut-être de tout le règne végétal.

Du reste, les trois grandes classes de plantes offrent dans la disposition spirale de leurs feuilles les mêmes combinaisons. Il y en a néanmoins qui sont plus rares dans l'une que dans l'autre; ainsi l'arrangement tristique ne se rencontre guère dans les dicotylédonées, tandis qu’un assez grand nombre de monocotvlédonées îc présentent.

§ 139. Nous avons dit que les feuilles ne sont pas toujours complètes et peuvent se réduire à l'une de leurs parties. Comme c'est le limbe qui prend les plus grandes dimensions, et qu’on est habitué à le considérer comme la feuille même, elles ont, lorsqu'il ne se développe pas, un aspect entièrement différent, et l'on est tenté de ne plus leur donner ce nom. Mais leur position latérale sur la tige aide à les reconnaître, et c’est alors qu’en retrouvant dans l'arrangement de ces organes ainsi déguisés les lois qui président à la disposition relative des feuilles, on ne peut conserver aucun doute sur leur véritable nature. Ainsi, sur l’Asperge, observant de petites écailles [fuj. 97 f] insérées sur la tige et disposées en spirale, nous n’hésitons pas à penser que ce sont les feuilles réduites à leur partie vaginale. Lorsqu’elles sont ainsi représentées par la gaine seule ou par le pétiole, ou plutôt par un simple et court prolongement du faisceau qui aurait formé la nervure médiane, la forme de petits appendices épaissis en écaille, ou amincis en membrane, ou rétrécis en filets, est celle qu’elles prennent le plus habituellement. Nous verrons plus tard qu elles la présentent souvent au voisinage des fleurs.

ÜOliHlj EoNS.

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