‹ BotaniqueChapitre 40 sur 206 · ORGANES ACCESSOIRES 01' TRANSFORMÉS · texte numérisé non relu

ORGANES ACCESSOIRES 01' TRANSFORMÉS

§ IG7. Nous avons examiné les organes fondamentaux (tige, racine, feuilles) sous leurs formes les plus générales. Nous a\ons vu les uns prendre quelquefois celles des autres , les tiges simuler des racines, et réciproquement, les racines simuler des liges. 11 peut arriver aussi que les branches s’élargissent et s’aplatissent en manière do feuilles, et reçoivent alors ce nom des observateurs superficiels. Mais un examen plus approfondi dissipe cette illusion, et dans tous ces cas la position relative des parties apprend a reconnaître leur véritable nature. Ainsi, dans les Xijlopliylla (jig. 161), en voyant les prétendues feuilles naître les unes des autres et porier des fleurs , on sait qu’on a affaire à des rameaux, puisque ce sont eux qui naissenl les uns des autres et sur lesquels les fleurs naissent, double relation que ne peuvent jamais présenter les feuilles. On appelle fasciation col aplatissement foliiforme des branches qui est l’état normal dans plusieurs plantes, mais qui dans d’autres ne se rencontre qu'accidenlellement ( souvent dans I Asperge, le Frêne, etc.).

^ 167 bis. D’autres fois, les organes fondamentaux se déguisent sous des formes entièrement nouvelles, qui leur permettent de servir à des usages un peu différents dans la vie du végétal. De là le nom d’oriianes accessoires sous lequel beaucoup d’autres les désignent alors, celui d’organes transformes leur conviendrait également. Telles étaient cos écailles, feuilles modifiées que nous avons vues entourer les bourgeons et. protéger le rameau naissant; tels sont les vrilles, rameaux ou nervures transformés, au moyen desquels les plantes peuvent s’attacher et grimper sur les corps voisins ; tels sont les piquants qui leur servent de défenses. D’autres fois, ce ne sont plus

toi. Cn rnmemi fnliiformo ,• ,lu \,jln])hÿlln Inngifolia. — fff Fnbrenux de fleurs nui en nni«senl.

des organes composés el fondamentaux qui se prêtent à des fonctions nouvelles en changeant de forme, ce sont aussi les organes élémentaires, les cellules, qui viennent saillir à l'extérieur en épines ou en poils, ou former les glandes. Leur exposition eût peut-être dû prendre place au chapitre du tissu cellulaire ou à celui de l’écorce, puisque ces organes accessoires ne sont qu’une forme de ce tissu , et particulièrement du cortical ; mais nous avons mieux aimé la rejeter ici pour ne pas embrouiller, en l'allongeant, l’examen général de ces tissus, où leur existence est loin d'être constante, et où, lorsqu'ils y apparaissent, elle est tout à fait locale, et de plus parce que leur examen se lie naturellement au chapitre suivant consacré à celui des fonctions de nutrition.

vrilles (ei'rr/û).

§ 168. Nous avons eu précédemment l'occasion de parler des vrilles de la Vigne (§ 154 , fuj. 155), et nous avons vu que c’était une métamorphose des rameaux allongés en filets herbacés et flexibles, susceptibles de se tortiller autour des corps qu’ils rencontrent. Ce sont alors les dernières ramifications d’une tige grimpante, tout, ù fait comparables à ces jeunes pousses, mais différant des véritables rameaux, en ce que leurs feuilles ne se développent pas. Tantôt c’est l'extrémité seule du rameau qui est ainsi modifiée, et alors la vrille est terminale ; tantôt c’est un rameau tout entier, et souvent alors la vrille occupe la place normale de ce rameau, c’est-à-dire, part de l’aisselle d’une feuille (par exemple, dans les Passiflores). Elles résultent quelquefois de la métamorphose d'un autre organe que les rameaux ou pédoncules , de celle des différentes parties de la feuille même. Dans ce cas, ce sont les nervures qui se prolongent sous cette forme, tantôt la médiane seule à l'extrémité du limbe, ou simple (par exemple, dans le Flagellaria indien, le Methonica yloriosa), ou plus souvent composée (dans les Pois , les Vesces , les Gesses). Dans ces feuilles pennées terminées en vrille, celle-ci produit fréquemment des filets latéraux dus à une métamorphose analogue des folioles supérieures. Il n’est pas rare de voir le parenchyme disparaître complètement dans ces feuilles ainsi converties et réduites, soit à leurs principales nervures, et alors la vrille est rameuse, soit à leur nervure médiane, et alors la vrille est simple (par exemple, dans le Lathyrua aphaca ). Comme la nervure médiane et le pétiole sont la continuation d'un même faisceau, on donne à ces vrilles l'épithète de péliolaires.

Dans tous les cas, le point de départ des vrilles permet de déterminer quel est l’organe ainsi déguisé. Si elles résultent de la meta-

Page 1