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CIRCULATION

§ 188. Sévc ascendante. — Le liquide de la terre a pénétré dans les racines par leurs extrémités. De celles-ci il doit, par une opération semblable, passer dans les cellules situées immédiatement au-dessus, puis do là dans les cellules situées plus haut encore. Ainsi, de proche en proche, il monte dans la racine jusqu’à ce qu'il arrive à la tige, où son mouvement ascensionnel doit continuer. Car nous sommes en droit de comparer la plante à un appareil endosinique, dans lequel la terre joue le rôle du récipient plein d'eau; et cet appareil est d’autant plus énergique que sa partie située audessus du récipient n'est pas un tube vide et inerte, mais qu’elle e-l elle-même un tissu rempli de nombreux dépôts do matières analogues à celles qui ont déjà provoqué l’action des racines; de sorte

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que cetlo action, loin de s'épuiser, s’entretient et se renouvelle à chaque hauteur. Le liquide n'a pas, comme dans l’expérience, perdu de sa densité à mesure qu’il augmente en masse et monte en conséquence; au contraire, agissant sur ces matières qu’il trouve sur sa route, il dissout une portion de celles qui étaient à l'état solide, et tend ainsi à s’épaissir de plus en plus. Modifié de la sorte dès son entrée dans le végétal, il a pris le nom de sève. Si, à diverses hauteurs d'un arbre, on perfore profondément son tronc, qu’on introduise un tube dans chaque trou, et qu’on recueille séparément la sève qui s’écoule de ces divers canaux, on pourra se convaincre qu'elle est d'autant plus dense qu’elle a été prise plus haut: nous verrons plus tard quels changements seront opérés dans sa composition et par quels moyens on la constate.

§ 1 89. Nous avons parlé jusqu'ici comme si la plante était exclusivement formée de cellules; et c’est, en effet, la structure de quelques végétaux. Mais nous savons que plus souvent, dans les c-otylédonés, de nombreux vaisseaux se montrent au milieu de ce tissu cellulaire et suivent la direction des axes. On conçoit combien la progression de la sève, poussée incessamment par en bas, doit être accélérée dans ces longs canaux, où elle ne trouve pas d’obstacle, et comment elle peut ainsi franchir rapidement de grandes distances qu’elle eût parcourues lentement de cellule en cellule.

Remarquons ici que le centre des racines est occupé dans leur longueur par des faisceaux de vaisseaux qu’on peut suivre jusqu'auprès des extrémités où l'absorption commence. Le liquide absorbé rencontre donc presque aussitôt cette voie plus rapide; et c'est sans doute là une raison de plus pour que l'effet de l’absorption des extrémités soit bien plus prompt et se fasse sentir bien plus vite sur tout le reste de la plante.

§ 1 90. La physique nous apprend que dans les tubes extrêmement fins, et qu’on nomme capillaires, en les comparant à celui d’un cheveu, la paroi interne du canal exerce sur le liquide contenu qui la mouille une sorte d'attraction qui détruit une partie de l’effet de la pesanteur, et détermine ainsi l’ascension de ce liquide au-dessus du niveau où il se serait autrement arrêté. La plupart dos vaisseaux dans le végétal sont, par leur ténuité, autant do tubes capillaires, et doivent exercer sur leur liquide contenu cette action qui le fait monter à une certaine hauteur, et vient s’ajouter ainsi à celle do 1 endosmose. Avant que cette dernière fût connue, c’était à l’influence de la capillarité qu’on attribuait la plus grando partie du mouvement ascensionnel de la sève, sans pouvoir cependant expliquer par elle seule tous les phénomènos qui l’accompagnent.

Lorsqu’on plonge dans l’eau, ou dans tout autre liquide suffisant-

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