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CIRCULATION. SÈVE ASCENDANTE

vement ascensionnel , peut se constater par des expériences analogues aux précédentes. Ainsi, si l'on adapte au bout inférieur d’une branche un long tube plein d eau qu’on plonge lui-niènie par son autre extrémité dans un bain de mercure, la branche pompera une certaine quantité d'eau qui sera indiquée par l’ascension d une colonne égale de mercure dans le tube. On varie l'état de la branche, qui peut être garnie d'un plus ou moins grand nombre de feuilles, dépouillée d une partie d’entre elles, réduite même à ses bourgeons ; celui de l’atmosphère, qui peut être à différents degrés de sécheresse ou d'humidité: on observe par divers temps, à diverses heures de jour ou de nuit, et l'on voit que toutes les causes qui ont une influence sur les divers degrés d’évaporation de la branche en exercent une analogue sur la quantité d'eau quelle pompe.

§ 196. Cependant les rameaux se sont successivement développés ainsi que leurs feuilles ; ils ont acquis peu à peu leurs dimensions parfaites, et la consistance qui caractérise leurs tissus à cet étatque nous pourrions appeler leur âge adulte, en même temps que de nouveaux tissus s’organisaient dans certaines parties intérieures du végétal. Il est ainsi arrivé à cette sorte d’équilibre dont nous avons parlé; équilibre qui n’implique pas l'immobilité de la sève, mais seulement son mouvement modéré d’après les besoins d’un état où il ne s'agit plus que d’entretenir en compensant les pertes continuelles qui accompagnent l’exercice même de la vie, en complétant ce qui peut encore manquer sur certains points et préparant pour l’année suivante les organes qu’elle doit à son tour développer et les matériaux destinés à cet usage.

§ i 97. Si tout ce travail vital s’est commencé et exécuté de bonne heure, si l’année a été précoce, il peut arriver que ces matériaux se trouvent prêts en quelque sorte trop tôt, dans une saison qui n’esl pas encore assez avancée, et leur présente ainsi les conditions propres à provoquer leur développement anticipé. C’est ce qui arrive assez souvent vers la fin de l’été, où l’on voit pousser quelques uns des bourgeons nouvellement formés, se renouveler quelques phéno mènes partiels du printemps, et nécessairement avec eux se rajiimer pour un moment le mouvement ascensionnel de la sève : ce qu’on nommo la sève d’août.

Il languit de nouveau. Pendant l’automne, l’évaporation dos surfaces a diminué do plus en plus; les tissus se sont séchés en se solidifiant ; les feuilles peu à peu meuront ou tombent, et l'arbre arrive à cet état de repos prosque complet dans lequel la vio semble suspendue. Le mouvement de la sève a cessé alors extérieurement avec

de la colonne de mercure dans les deux branches de la coui'buro inférieure du lubo avant l’expérience. — n' n' Niveau K la fin de l'expcrienco.

ses causes, et s'arrête plus ou moins complètement pour toute la durée de l'hiver.

§ 1 98. Pour suivre les différentes phases de ce mouvement de la sève ascendante, nous avons choisi les exemples où elles se montrent le plus nettement et le plus complètement, ceux du moins ou elles nous sont le mieux connues, ceux des arbres de nos climats tempérés. Ce qui se passe dans un de leurs rameaux doit, à peu de chose près, se passer dans toute plante herbacée, avec plus d’activité cependant, puisqu’elle se ramifie le plus ordinairement, et développe ainsi dans le courant de la même année plusieurs générations de bourgeons. Quant aux végétaux des latitudes plus chaudes, les époques changent ; et, sous les tropiques, les intervalles de repos semblent, devenir presque nuis, le mouvement presque continu. Mais on en peut juger plutôt par les saisons et par les phénomènes extérieurs de la végétation que par des observations directes et approfondies, qui offriraient tant d’intérêt.

§ 199. Un point important nous reste encore à éclaircir. Quelle voie, au milieu des divers organes élémentaires combinés dans la tige, la sève suit-elle au juste dans ce mouvement ascensionnel? Celle du printemps envahit tous les tissus, remplissant les cellules, les fibres, les vaisseaux, les méats. C’est presque entièrement par le corps ligneux qu’elle monte, ainsi qu’on peut s’en assurer par l’inspection de la branche fraîchement coupée. On voit le liquide s'écouler de la surface de la section : de tout le corps ligneux, si la branche est jeune; si elle est âgée, seulement de la zone extérieure, qui est encore à l’état d’aubier. Après la sève du printemps, beaucoup de vaisseaux sont vides* et, en les examinant sous l'eau, on s'assure qu’ils sont occupés par des gaz qu’on en voit sortir par petites bulles. C’est donc par le tissu cellulaire que doit alors avoir lieu, du moins pour la plus grande partie, le passage do la sève, mais par un mouvement peu sensible du bas vers le haut, le végétal étant alors comme saturé de liquides et à peu près dans la condition d'un appareil plein d’eau qui, percé de petites ouvertures à ses deux extrémités, laisserait écouler par l’une une certaine quantité, et recevrait par l'autre une quantité équivalente, sans qu’il en résultât de courant apparent. Si quelque cause vient à troubler cet équilibre, comme après une sécheresse plus ou moins prolongée ci à laquelle succède la pluie, ou par le développement de nouveaux bourgeons, l’ascension do la sève doit se ranimer et reprendre en partie les voies qu’elle avait momentanément abandonnées.

§ 200. Sève descendante ou élaborée. — La sève, enrichie de toutes les matières quelle a dissoutes et s’est incorporées sur son trajet, est arrivée aux jeunes branches; puis, en les parcourant,

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