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ACCROISSEMENT DES TISSUS

comparable à celle qu’active une température plus élevée. Dans nos serres mêmes, on peut voir des Agaves au moment de leur floraison, des Bambous, etc., etc., s’allonger dans certains moments de plus de 2 décimètres en vingt-quatre heures. Certaines plantes entièrement composées de tissu cellulaire se développent très vite dans notre climat ; par exemple, les Champignons, dont la rapide croissance a donné lieu au proverbe. Il y en a un, le Lycoperilon giganteum , qui, en trois ou quatre jours, peut acquérir la forme d’une boule de 3 décimètres de diamètre.

§ 249. Accroissement des tiges et des racines. — Pour ce qui concerne l'accroissement des organes composés, nous avons déjà, aux articles Tige , Racine et Feuille , exposé ce qui se passe ; il s’agit maintenant de rechercher comment tous ces changements ont lieu. Nous le rechercherons sur les plantes dicotylédonées qui sont mieux connues comme acquérant un grand développement dans nos climats, et qui, par la formation de bourgeons latéraux, fournissent des données plus nombreuses et plus claires pour la solution du problème. Rappelons en peu de mots que les tiges s’allongent de bas en haut, les racines en sens inverse ; que les premières présentent une moelle et un étui médullaire composé en partie de trachées déroulables qui manquent aux secondes ; que plus tard, entre l’étui et l’écorce, s’interposent de nouvelles fibres et des vaisseaux d’un autre ordre, et que, de cette interposition qui se répète chaque année, résulte l’accroissement en épaisseur.

C’est l’origine de ces fibres et vaisseaux au sujet de laquelle les botanistes ne sont pas encore entièrement d'accord. En exposant et discutant les opinions divergentes et les faits sur lesquels elles s’appuient, nous aurons occasion de traiter avec un détail suffisant ce qui se rapporte à l’accroissement des organes composés.

§ 250. Nous savons que les cellules se multiplient dans la plus grande partie du végétal par division (§ 247, 1°) ; nous savons de plus que les vaisseaux se forment par la continuité établie dans une série de cellules ou fibres unies bout à bout (§ 8). Les organes élémentaires doivent donc se former en place; mais si c’est aux dépens de la sève élaborée ou descendante, il est naturel do penser que cette formation aura lieu plutôt progressivement de haut en bas, quoiqu’elle puisse être presque simultanée dans uno grande étendue.

§ 250 bis. Une théorie ingénieuse, que profossonl plusieurs auteurs, fut proposée par un astronome français, Lahire, au commencement du xvme siècle, mais en quelques pages et sans preuves à l’appui, de sorte qu’elle resla négligée et probablement ignorée. Un siècle plus tard, un autre Français, Dupetit-Thouars, la proposa do nouveau, 1 ayant sans aucun doute retrouvée par scs propres obser-

vations ; et comme il la soutint par des ouvrages riches en faits et en raisonnements, il eut l'honneur de la découverte, et on ne la connaît que sous le nom de théorie de Dupetit-Thouars. Elle a pris récemment un nouveau développement entre les mains de M. Gaudichaud.

Les bourgeons, ainsi que nous l’avons plusieurs fois répété, peuvent être comparés à autant d’embryons ; ils se développent chacun en une branche semblable à la tige qui est résultée du développement de l’embryon. Mais celui-ci, fixé sur la terre, a en germant produit à sa partie inférieure des racines chargées d’aller pomper sa nourriture. Les bourgeons qui, parvenus à maturité, se détachent de la tige, comme nous en avons vu dans les caïeux (§151), les bulbilles (§153), les rosettes des tiges rampantes (§ 152), imitent les vrais embryons et émettent par leur bas des racines. Les bourgeons qui restent fixés sur la tige en seraient-ils seuls dépourvus? Dupetit-Thouars ne le croit pas, et, voyant que cet amas de faisceaux fibro-vasculaires qui se forment entre l’écorco et l’étui médullaire ne se montrent qu’après que les bourgeons ont commencé leur évolution, qu’on les voit se rattacher d’une part à la base de ceux-ci, et que de l’autre on peut les suivre jusqu’à l’extrémité des racines, il pense qu’ils ne sont autre chose que les racines mêmes des bourgeons courant dans l'interstice de l’écorce et de l’étui jusqu’à ce qu’elles s'échappent au dehors sous forme de racines, soit normales, soit adventives. Le cambium ne serait alors lui-même qu’un fluide nourricier que ces racines puisent dans ce trajet à travers l’épaisseur du végétal. Chaque année, une nouvelle production de bourgeons ou embryons fixes détermine ainsi une nouvelle émission de faisceaux radiculaires correspondants, dont l’ensemble ajoute une couche au bois et de nouvelles ramifications à la racine.

Les feuilles jouent par rapport au rameau absolument le même rôle que les bourgeons par rapport à la tige qui les porte, chacune d’elles constituant une sorte d’individu végétal [plujton de M. Gaudichaud), et se continuant au-dessous de l’entre-nœud inférieur en faisceaux fibro-vasculaires, qui représentent la racine du phyton. L’ensemble de ces faisceaux de toutes les feuilles d’un rameau constitue son bois. •

Les fibres et vaisseaux de l’écorce ont la même origine quo les faisceaux fibro-vasculaires du bois, auxquels ilsmaichcnt accoles dans le principe. Ils naissent de môme des bourgeons, et appartiennent au système descendant.

Quant au tissu cellulaire, sa production est partout locale et résulte do la multiplication des cellules déjà existantes, pai consé-

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