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FORMATION DU BOIS

quent, dans le bois, de l’extension des rayons médullaires. Ainsi, dans l’accroissement en épaisseur, la propagation de ce tissu a lieu transversalement, tandis que celle des fibres et vaisseaux a lieu verticalement ; c’est, une sorte d'étoffe où l’un fournit la trame, et les autres fournissent la chaîne. Lorsque les faisceaux se dégagent au dehors pour former les racines, c’est au tissu cellulaire voisin qu'ils empruntent la couche qui les accompagne, et qui, croissant à mesure qu’ils s’allongent, leur constitue une sorte de gaine.

§ 2o I . Les principaux faits cités à l’appui de toute cette théorie sont l’analogie de structure dans le bois proprement dit de la tige et dans celui des racines, tous deux également dépourvus de trachées dcroulables; la continuité des faisceaux du bois de la tige avecceux du bois de la racine qui, formée postérieurement, a dû par conséquent l’être par des faisceaux suivant une marche descendante ; la production fréquente de racines aériennes , qui ne semblent autre chose que ces mêmes faisceaux qu elles continuent, sortant au dehors, et quelquefois même par l’existence de racines bien distinctes qui descendent sous l’enveloppe corticale, et présentent une sorte de terme moyen entre les racines aériennes et le système ligneux delà tige (comme dans les Vellozia, dans certains Lycopodes, etc.),

La marche descendante des faisceaux du bois se manifeste surtout par les obstacles qu'elle peut rencontrer. Si l’on enlève un anneau d’écorce ou si l’on fait autour de la tige une ligature, on voit au bord supérieur de l’anneau, au-dessus de la ligature, les tissus s’épaissir et former un bourrelet; tandis qu’il n’y a pas d’épaississement audessous. En disséquant celui-ci, on le trouve composé d’un lacis de faisceaux entrecroisés et contournés dans tous les sens, mais se continuant toujours avec ceux qui vont aboutir supérieurement aux bourgeons. Si l’on n’a enlevé qu’une portion de l’anneau d’écorce, ces faisceaux ne tardent pas à contourner les bords de la plaie pour reprendre au-dessous leur course verticale. Si l’on comprime la tige par une ligature dirigée en spirale, comme le font naturellement dans nos bois certains arbrisseaux grimpants (les Chèvrefeuilles, par exemple), il se forme, comme dans l’autre cas, au-dessus et lo long de la ligature, un bourrelet dirigé alors en spirale, et la dissection fait voir les faisceaux accumulés suivant cotte même direction. Si la tige autour de laquelle on pratique la décortication annulaire n’avait au-dessous aucune branche, ou qu’on supprime toutes celles qui pouvaient y exister, do sorte qu’il no se trouvo plus do bourgeons qu’au-dessus de la plaio, et si celle-ci est assez largo pour que ses bords ne puissent finir par se rejoindre, toute la portion du végétal située au-dessus continue à s’accroître en épaisseur par la production régulière des couches ligneuses, et l’accroissement et la

formation du bois s’arrêtent dans la portion située au-dessous. On conclut de toutes ces expériences que les faisceaux ligneux viennent de haut en bas, et sont produits par les bourgeons dont ils représentent les racines.

§ 252. Mais à côté de ces faits divers rapportés en faveur de la théorie de Dupetit-Thouars ne s’en trouve-t-il pas quelques autres en opposition, et d’ailleurs est-elle la seule qui puisse les expliquer?

Les faits sur lesquels elle s’appuie de préférence sont, comme nous venons de le voir, ceux que nous montre l’arrêt des faisceaux descendants au-dessus de tout obstacle naturel ou artificiel, audessus des ligatures et des décortications, et là l’accumulation du tissu ligneux , qui cesse au contraire de se produire au-dessous (§ 251). Mais ne s’expliquent-ils pas aussi clairement et naturellement par la marche des sucs nourriciers qui fournissent les matériaux du cambium ? Ces sucs, suivant dans l'écorce une marche descendante, doivent s’accumuler au-dessus de tout obstacle apporté à leur cours, en passant outre s’il n’est pas infranchissable, en le contournant s’il y a une voie latérale ouverte, en s’y arrêtant s’il n’y en a pas; et, dans tous ces cas, l'afflux des matériaux doit déterminer une production plus abondante de tissus, leur défaut amener l’atrophie, suivant les règles communes à tous les corps organisés. L’afflux des sucs précède là l'apparition des faisceaux fibro-vasculaires ; ils s’y forment au lieu d’y arriver tout formés. Le développement des racines aériennes auprès des nœuds, où il y a souvent un léger arrêt dans la circulation, se comprend aussi facilement, puisque c’est vers tous les points où il y a un amas de sucs, et par suite de tissu cellulaire, qu elles tendent à se développer (§95). Puisque l’évolution des bourgeons est une des causes déterminantes de l’ascension de la sève (§ 193); puisque la sève, une fois montée, est élaborée dans les jeunes écorces, et surtout dans les feuilles (§ 200), il est clair que la suppression des bourgeons et des feuilles arrêtera cette ascension , l’élaboration et nécessairement, faute de matériaux, la formation consecutive des fibies ligneuses ; il est clair qu’il ne pourra s’en former sur toute partie du végétal à laquelle on aura coupé la communication avec celle qui est chargée de feuilles et de bourgeons.

On ne conçoit pas bien, avec la théorie de Dupetit-Thouars, comment un arbre qui a’ subi une décortication annulaire telle qu’il ne se forme plus de couches ligneuses au-dessous, peut continuer à vivre et à croître. Car cette croissance suppose que les racines continuent à se former dans la même proportion ; et comment les faisceaux ligneux radiculaires arrêtés en chemin iront ils les former ?

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